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Une page de la résistance dans la Caucase du Nord: Imam Mansour Ouchurma

Ajouté par on Wednesday, 6 March 2013.    1,721 views Aucun commentaire
Une page de la résistance dans la Caucase du Nord: Imam Mansour Ouchurma

La lutte pour l’indépendance des populations des montagnes du Caucase fournit de nombreux héros et des exemples d’héroïsme. Parmi ces héros, Imam Mansour occupe une place à part. Son image est conservée pieusement dans l’histoire. Imam Mansour était un grand organisateur, un général incomparable et un homme politique exceptionnellement doué. Il était à la fois intelligent, noble et honnête dans ses relations personnelles et sociales. Tout au long de sa vie, il portait en lui la flamme de liberté. Avec ses paroles, il a enflammé les coeurs des gens des montagnes et permis le soulèvement contre les ennemis.

Ahmet Burak OZTAS
Janvier 2013 – EHESS

  • Introduction
  • 1. L’homme et sa Légende
  • 2. Premiers combats/Premiers victoires
  • 2.a. La bataille d’Aldy (26 juin 1785)
  • 2.b. La bataille de Grigoripolis (29 juillet 1785)
  • 2.c. Le siège de la forteresse de Kizlyar (Juillet-août 1785)
  • 3. La Réplique russe
  • 3.a. La bataille de Malka (30 octobre 1785)
  • 3.b. La bataille de Tatartup (le 21 novembre 1785)
  • 4. Une nouvelle phase du combat : Vers une organisation plus politique
  • 4.a. La bataille de Ghatchalq (Katchkalikov) (17 janvier 1787)
  • 4.b. La bataille d’Obun (20-22 septembre 1787)
  • 4.c. Les batailles de Zelentchuk et de Kefir (19-22 octobre 1787)
  • 4.d. Anapa et Imam Mansour (1788 – 1791)
  • 5. Conclusion
  • Liste de Sources

Introduction

Le Caucase du Nord, aussi appelée la Ciscaucasie, est la partie nord de la région du Caucase, entre la mer Noire et la mer Caspienne. Il est habité par des nombreux groupes ethniques, si bien que les voyageurs arabes dans leurs récits (e.g. ibn Hawqal, Surat al-Ardh [صورةالارض; « La face de la terre »], 977), l’appelaient « la montagne des langues ». Parmi lesquelles les populations plus anciennes de cette région, on peut les classer comme les Tcherkesses et les Abkhazes, les Ossètes, les Tchétchènes-Ingouches, et les plusieurs peuples du Daghestan (Avar, Darguine, Lezguien, etc…) si on reprend une classification linguistique.

Après la conquête d’Astrakhan par l’empire russe en date de 1557, la première apparation des Russes au Caucase du Nord à l’embouchure du Terek qui passe sur une partie de la Tchétchénie actuelle, a été vu et la pénétration russe a commencé dans la région. Cependant, c’est sous Catherine II, à la fin du XVIIIe siècle, que l’empire russe met réellement en place une politique d’expansion vers le Caucase. La volonté de faire de la mer Caspienne et de la mer Noire des « lacs russes » et en arrière plan l’accès à l’espace méditerranéen, vieux rêve maritime d’une Russie continentale, se traduit également par une série de conflits avec la Perse et l’Empire Ottoman.

Jusqu’à l’apparition de l’Imam Mansour, une partie de la population dans cette région tentaient de résister contre l’armée de l’empire russe avec des petites forces régionales de volontaires. Mansour entreprend d’unifier les peuples pour résister à l’armée russe en insufflant d’une idée libération des musulmans, utilisant l’islam comme un moyen de surmonter les différences linguistiques et nationalités.

C’est un succès, il deviendra une légende en particulier pour le peuple Tchétchène et ses idées ont créé un nouveau mouvement dans la région: « le Muridisme » [1].

1. L’homme et sa Légende

Il y a différentes versions sur l’identité de Mansour et son origine. Une hypothèse veut qu’il soit d’origine italienne [2]. D’autres avancent qu’il aurait été un collaborateur de l’Empire Ottoman ou un agent anglais [3]. D’autres encore disent qu’il aurait été Tatar [4] ou Nogaï [5].

Les événements dans le Caucase et les activités de Mansour ne semblent pas confirmer qu’il ait pu être un aventurier étranger, ni un agent ottoman ou anglais, notamment dans les archives ottomanes, on voit qu’au début du son mouvement, le Sultan s’interesse pour en savoir qui Mansour est [6]; et il y a aucun document sur lui dans les archives britanniques. Le fait est qu’il connaissait bien le peuple du Caucase du Nord. Il a compris comment les aborder, comment toucher leurs sentiments religieux et les mobiliser contre leur ennemi commun : l’Empire Russe. Bien qu’il ait échoué à unir toutes les populations du Caucase, il a pu en réunir une grande partie : des milliers de personnes ont suivi Mansour dans ses batailles contre l’Empire Russe. Selon Baddeley [7], certains rapports militaires russes affirment qu’il était Tchétchène, et c‘est sans doute l’hypothèse la plus probable.

D’après les travaux de l’historien Khojayev [8], en 1760, il naît dans une famille de paysans pauvres dans le village d’Aldy en Tchétchénie. Il est le quatrième fils de la famille, appartenant au clan « Elistanjkhoy ». Son père Chabaaz lui a donné le nom « Ouchurma ». Mais après ses succès contre les envahisseurs russes, il est devenu « Mansour », le « Victorieux » en arabe.

C’est une époque de guerre et de troubles et par tradition chez les montagnards du Caucase, la formation des jeunes gens à l’art du combat est primordial : des hommes sains dans leur corps et leur esprit. Alors que Oushurma est témoin de la brutalité russe, il est initié à l’islam par son père pendant son enfance. Pendant sa jeunesse, il est berger. Il s’occupe également d’agriculture. Mais dans le même temps, il passe ses journées à cheval, apprenant seul à tirer et à se battre à l’épée. Il a l’habitude de pratiquer l’art du sabre sur les moutons, et son père est souvent obligé de payer ses concitoyens pour les brebis qui ont été coupées en deux par le jeune et passionné Ouchurma. Afin d’augmenter sa force, il jette de lourdes pierres et saute par-dessus de profonds fossés.

Selon son arrière petit-fils « Nart » [9], Ouchurma etait exceptionnellement courageux et audacieux, grand, imposant, noble et solennel. Il attirait l’attention des autres en raison de sa forte volonté. Il ne portait que des costumes nationaux et toujours des armes. Beaucoup de vieillards, à qui Nart a parlé, ont assuré que Mansour a même dormi dans son manteau complètement armé. Il expliquait cette étrange habitude par le fait qu’il semblait honteux à un noble tchétchène de se déshabiller pour dormir. A son avis, un Tchétchène devait toujours être prêt à toute éventualité et ne devait jamais prendre l’habitude du confort. Cela explique aussi pourquoi il ne dormait jamais sur autre chose qu’un manteau en feutre et sur une selle. Le manteau servait de couette et de couverture ; la selle d’oreiller.

A l’âge de vingt ans, il quitte sa famille afin de terminer ses études au Daghestan, centre reconnu, à l’époque, pour les études islamiques. Après deux années, devenu Mollah, Ouchurma retourne dans son village natal. Il se marie à 22 ans. De ce mariage, naissent un garçon (Misirbi) et deux filles (Serija et Akhzart), celles-ci  meurent très jeunes.

Après son retour, il commence à faire des prêches dans les mosquées locales. C’est ainsi qu’en peu de temps, ses idées se diffusent dans les villages et les régions voisines. Au début de 1785, fuyant l’avancée russe, les Tchétchènes se réunissent dans le village d’Aldy et élisent Ouchurma « Imam » [10], c’est-à-dire leur chef spirituel et temporel. Celui-ci envoie alors un certain nombre de lettres appelant à l’unité des musulmans du Caucase. Dans ces lettres, il déclare qu’il est envoyé par Allah pour lutter contre les infidèles russes. Il commence à demander aux gens de participer au « ghazavat » [11] contre les envahisseurs russes. Dans un de ses appels, il déclare ainsi :

« Ô Croyants! Sachez que votre vie est pleine d’ignorance, et que vous avez commis des péchés en consommant de l’alcool et du tabac. Vous avez, maintenant, la possibilité de rectifier vos erreurs et de trouver la rédemption. Repentez-vous sincèrement avant que la mort vous emporte. Ceux qui se repentent seront rachetés. Craignez Allah, et placez la crainte d’Allah dans vos cœurs. Pardonnez aux meurtriers, car Allah dit que celui qui surmonte sa colère et pardonne est un vrai croyant. N’adorez pas les idoles, parce que si vous les adorez, c’est que vous êtes païens. Faites l’aumône aux pauvres et luttez contre l’ennemi ! » [12]

Dans un autre appel, il dit:

« Toute chose russe est interdite, ainsi que tout ce qui se ressemble d’une manière ou d’une autre à une chose russe. Si vous êtes malades, ne voyez pas de médecin russe, vous risqueriez de devenir ami avec lui. » [13]

De toute évidence, le but de ces avertissements est d’unir les gens autour de leur sentiment d’hostilité envers la Russie. L’Imam Mansour a tenté de convaincre les tribus du Caucase que s’ils ne se battent pas pour leur liberté, ils la perdront, et que leur seule chance de succès réside dans l’unité. Or le seul facteur capable d’unir les diverses tribus est la religion, Mansour tente ainsi de les d’unir au Daghestan et en Tchétchénie, légitimant son mouvement et son leadership par la religion et le mysticisme [14].

Sa renommée croissante attire l’attention des autorités russes. En mars 1785, le général-mayor russe Peutling prépare un rapport sur les activités de l’Imam Mansour et le partage avec les autorités au plus haut niveau. Entre-temps, l’Imam Mansour rencontre le prince kumuk Tchupalov et le Pcheh [15] de la petite Kabardia, Dol Moudarov, qu’’il invite à rejoindre la sainte Ghazavat. Il lance également ses invitations en Ossétie voisine. Le commandant russe de la forteresse Vladikavkaz, le lieutenant colonel Mattse, rend compte immédiatement de la situation. Il est très probable qu’après ce rapport, le 2 avril 1785, le lieutenant général, le Prince Pavel Potemkine ait distribué une notification [16] comprenant un grand nombre de menaces contre les peuples tchétchène et kumuk.

2. Premiers combats/Premiers victoires

2.a. La bataille d’Aldy (26 juin 1785)

Tandis que l’Imam Mansour essaie d’unifier les peuples du Caucase, en mai 1785 le commandant suprême du Caucase Potemkine est promu régent de la tsarine de Russie. Les armées du Caucase du Kouban sont réunies. Le siège du commandement suprême est déplacé à Ekaterinbourg. Ces éléments annoncent unhe grande opération contre les montagnards. En effet, le 8 juin 1875, l’armée russe sous le commandement du colonel Pier entre en Tchétchénie afin d’éliminer le mouvement d’indépendance en phase de forte croissance au sein des peuples montagnards.

Le 26 Juin 1785, une force de quelque 7000 soldats russes du colonel Pieri assiégé  le village natal de l’Imam Mansour, Aldy. Celui-ci envoie un messager pour expliquer qu’en raison de l’accord de paix existant entre les empires ottoman et russe, il ne veut pas se battre sans l’autorisation de l’Empire Ottoman. Probablement il tentait de sauver son peuple d’une guerre et il a été également croire que le Sultan ottoman est la tête d’entière la population musulmane dans le monde, parce qu’il n’était pas simplement un sultan, mais il était aussi le « Calife » [17]. Cependant, le colonel russe Pieri refuse de négocier et lance son attaque pour capturer l’Imam Mansour mort ou vif [18]. À ce moment, il n’y avait qu’entre 40 et 50 maisons dans le village, même les femmes s’engagent contre l’armée russe aux côtés de leur Imam.

Au cours des combats, le village d’Aldy est totalement détruit par l’armée russe. Le frère de Mansour est tué [19]. Cependant, au bout de quatre heures de combat, les forces tchétchènes résistent toujours à l’armée russe. Mansour tue le colonel Pieri lui-même, alors qu’il tente de s’échapper. Sur 7000 soldats russes seuls deux cents survivent et sont emmenés captifs, le prince Bagration – membre de la maison royale géorgienne et en formation dans l’armée russe – est parmi eux. Certains soldats russes parviennent à s’échapper et se réfugient dans une forteresse turque, Hacilar [20]. Les Russes sont contraints de battre en retraite au-delà de la rivière Manich et tout leur équipement, dont deux pièces d’artillerie, est saisi par l’Imam [21]. Après un court moment, les Russes demandent à Mansour de leur retourner leur artillerie. Sa réponse est :

« Je vous ai dit de ne pas venir chez nous, mais vous n’avez pas écouté et vous avez attaqué. Je ne vous rendrai pas l’artillerie même si je n’en ai pas besoin. Je les ai déjà envoyées au pacha du sultan ottoman [ie. le gouverneur de Sogucak] » [22]

Après la défaite à Aldy, le 26 juin, les forces russes dans le Caucase se retirent. Les forces en Géorgie également. Les positions non stratégiques et les forts sont abandonnés, et les troupes sont concentrées sur les trois grandes forteresses de Mozdok, de Kizlyar et d’Ekaterinodar. Les rapports [23] du gouverneur ottoman à Sogucak, Ferah Ali Pacha, résument la situation après la défaite russe d’Aldy :

« Les forces russes dans le zone de Kouban ont quitté leurs positions, y compris le pont en face du notre fort de Hacilar, qu’ils ont détruit. Dans le Caucase, la défaite russe a été reçue avec une émotion énorme. La renommée de Mansour a grandi et a atteint un niveau sans précédent. Les gens ont commencé à parler de lui comme d’un sauveur envoyé par Allah. Un grand nombre de personnes, partout dans le Caucase du Nord, ont afflué à ses côtés et la plupart des Daghestanais et des Tchétchènes ont maintenant accepté son leadership. Les Kabartay, qui ont rejoint a l’Imam Mansour dans la lutte contre les Russes, ont vendu leurs ‘ganimets’ (butin) dans les forts ottomans, comme Anapa et Sogucak, ce qui a impressionné les tribus tcherkesses et les a convaincues aussi de rejoindre Mansour. Par conséquent, les attaques sur les lignes de défense russes se sont multipliées et le succès d’au moins certaines d’entre elles a encore accru la gloire de l’Imam Mansour et le nombre de ses partisans. Maintenant, il est orné dune bannière jaune, rouge et verte. Ses guerriers se sont mis à s’habiller dans les mêmes couleurs. »

2.b. La bataille de Grigoripolis (29 juillet 1785)

La victoire de l’Imam Mansour est très efficace en particulier dans la région de Kabardia. L’opinion commune veut que “l’imam a été envoyé par Allah“. Les gens se mettent à croire en lui et les cavaliers kabardes commencent leurs attaques contre les patrouilles russes aux frontières. Le Pcheh Dol Moudarov invite Mansour pour discuter du remplacement des attaques individuelles par des opérations plus solides. Selon le rapport [24] du major russe Jilov, l’Imam Mansour accepte l’invitation et se rend en Kabardia le 26 juillet 1785. Pcheh Moudarov et d’autres Pchehes kabardes comme Navrouzov, Akdemirov et Koudanetov l’accueillent. L’Imam Mansour propose alors de constituer une force de cavalerie et d’attaquer la forteresse de Grigoripolis. Celle-ci ne résiste pas : 45 officiers et sergents, ainsi qu’environ 1000 soldats, se rendent. L’armée d’Imam Mansour capture ainsi 8 pièces d’artillerie. Après cette victoire, les forces d’Imam Mansour ont le contrôle sur la ligne allant de Vladikavkaz à Mozdok. Les Russes quittent leurs petites forteresses et se rassemblent dans les forteresses plus grandes et mieux défendues.

2.c. Les sièges de la forteresse de Kizlyar (juillet-août 1785)

Le 15 juillet 1785, Mansour essaie de capturer la forteresse de Kizlyar avec l’aide des forces Kumyk. Il ne dispose pas de beaucoup d’hommes mais attaque quand même directement la forteresse. Toutefois, celle-ci est solide et les soldats russes nombreux. Selon les rapports [25] de l’Empire Ottoman, malgré leur efficacité, les forces tchétchènes ne peuvent pas conquérir la forteresse, mais elles capturent la redoute Karginsk. L’Imam Mansour pense alors que c’est suffisant pour une première attaque et quitte le lieu avec un important butin.

Après la victoire à Grigoripolis, les gens Kumyk invitent l’Imam Mansour. Ce dernier accepte leur invitation et le 19 août 1785, il attaque la forteresse de Kizlyar une nouvelle fois avec la participation des nobles Kumyk. Cependant, les Russes ont préalablement acheté quelques-uns de ces princes Kumyks qui désertent. Quand Mansour se retire, des forces russes d’appui, notamment un régiment d’infanterie de Tomsk, l’attaque mais il parvient à quitter l’arène.

3. La Réplique russe

3.a. La bataille de Malka (30 octobre 1785)

Le 30 octobre 1785, le Commandant en chef russe dans le Caucase, Pavel Potemkine se rend en petite Kabardia avec 6.000 soldats pour éliminer l’organisation de l’Imam Mansour dans la région. Mais les forces rebelles les affrontent en face de la rivière Malka. Au cours du combat, Mansour perd beaucoup de ses hommes en raison du pilonnage efficace de l’artillerie russe. Par conséquent, l’Imam décide de se retirer une nouvelle fois.

3.b. La bataille de Tatartup (21 novembre 1785)

Après la défaite de Mansour à Malka, l’armée russe pense qu’elle peut complètement l’éliminer. Elle organise une unité spéciale sous le commandement du colonel Nagel. Cette unité est constituée de deux régiments de Moscou, un bataillon de chasseurs, deux escadrons des régiments de la Kabardia et de la Selenga, ainsi que de 300 soldats du Cosaques du Don et Greben. Cette unité [26] entre en petite Kabardia le 21 novembre 1785. L’Imam Mansour organise une petite unité de Tchétchènes, Kabardes, Kumyks et Daghestanais, contre les envahisseurs russes. Les deux armées se rencontrent à Tatartub près de la rivière Malka. Pendant le combat, des deux côtés on perd beaucoup d’hommes. Mansour décide de se retirer le premier. Cependant, le colonel Nagel était prêt également à donner l’ordre du retrait. Les troupes rebelles regagnent leur territoire et Mansour se réfugie à la forteresse de l’Empire Ottoman à Anapa [27].

Le résultat de cette défaite est lourd pour l’Imam Mansour, car beaucoup de ses partisans, parmi les Kabardes, les Kumykes et les Daghestanais, perdent confiance, le quittent et demandent pardon à la Tsarine de Russie. Au début du 1786, Dol Moudarov, le Pcheh de petite Kabardia et fidéle partisan d’Imam Mansour, est fait prisonnier par l’armée russe [28].

On voit que Mansour avait créé une unité grâce à Islam et victoires, mais elle était très fragile contre les forces russes. Toutefois, l’Imam n’arrête pas : il continue ses attaques de guérilla [29] aux frontières de la Russie avec ses fidèles, soit environ 600 hommes.

4. Une nouvelle phase du combat : Vers une organisation plus politique

En avril 1786, l’Imam Mansour organise le Congrès des peuples du Caucase du Nord [30]. On ne dispose pas d’informations plus détaillées, mais on sait que les Ingouches sont représentés par leurs aînés et acceptent de rejoindre les forces de la résistance qui se composent alors de Tchétchènes et de Kabardes. Peu après, réagissant au succès du Congrès, les Russes tentent de discréditer l’Imam aux yeux de la population locale. Ils répandent auprès des commerçants des allégations infondées contre lui. Puis, en juillet 1786, assez intelligemment, le Général Potemkine fait libérer Dol Moudarov à la condition qu’il renonce à jamais à la résistance. Celui-ci en effet coupe tous les liens avec Mansour. Après la neutralisation de Dol Moudarov, le Général Potemkine, alors en mesure de contrôler la petite Kabardia, lance l’ensemble de ses troupes à la reconquête de la Tchétchénie. Des villages tchétchènes sont détruits et les populations locales opprimées. De ce fait, en août 1786, Ingouches et Kabardes abandonnent la résistance et collaborent avec les Russes. Même certains Pchehes kabardes écrivent au commandement russe qu’ils sont prêts à se battre aux côtés du Tsar.

Pendant ce temps, Imam Mansour voyant les attaques brutales de l’armée russe se multiplier, tente de trouver une porte de sortie. Tout d’abord, il envoie des messagers pour ouvrir des négociations [31]. Mais Potemkine refuse et exige au préalable que l’imam se rende sans condition. Celui-ci appelle donc à l’aide l’Empire Ottoman, mais le Sultan ne répond pas à ses messages. A l’inverse, fortement criitiqués par l’Empire russe, les Ottomans préfèrent montrer qu’ils n’entretiennent aucune relation avec l’Imam Mansour. Les représentants de l’Empire Ottoman vont même jusqu’à envoyer quelques cadeaux aux nobles abkhazes et tcherkesses en leur demandant de ne pas participer aux activités de guérilla en Tchétchénie. Cela semble aller à l’encontre de la thèse faisant Mansour un agent ottoman.

4.a. La bataille de Ghatchalq (Katchkalikov) (17 janvier 1787)

Des forces russes colossales, sous les ordres du colonel Savalyev, pénêtrent en Tchétchénie. Le 17 janvier 1787, les cavaliers rebelles s’attaquent soudainement aux soldats russes sur les hauteurs de Katchkalikov. Cette attaque surprise décime les rangs de l’armée russe. Mais après des violents affrontements, les Montagnards quittent l’arène et se replient vers les montagnes de Tchétchénie. Le 19 janvier, en conséquence, une seconde armée est mobilisée et envoyée. Les soldats détruisent de nombreux villages tchétchènes et tuent en réprésaille des villageois innocents. Puis ils sont renvoyés dans leurs garnisons.

Durant cette période, Imam Mansour continue de recruter : il visite tous les villages tchétchènes et daghestanais. Cependant, les populations locales ne s’engagent pas comme il le voudrait. Il n’a recueilli, à la fin de juin 1787, qu’à peine 1000 hommes, tchétchènes, avars et Kumyks. Il se peut aussi qu’il reçoive finalement un appui de l’Empire Ottoman qui cherche à gêner l’Empire russe après que quelques différends bilatéraux se soient manifestés. Fort de cette promesse, il retourne dans son village natal d’Aldy en juillet 1787, mais ses concitoyens rejettent l’alliance avec les Ottomans.

4.b. La bataille d’Obun (20-22 septembre 1787)

Le 13 août 1787, l’Empire Ottoman déclare la guerre contre l’Empire Russe. Le 9 septembre 1787, la Tsarine Catherine II signe également l’entrée en guerre. Ces développements changent l’attitude des ottomans à l’égard de la lutte résistante et de leur chef, Mansour. Constantinople envoie des fermans (ordres impériaux) et des cadeaux coûteux à des tribus du Caucase dans le but de les mobiliser et de les entraîner à se battre à leur côté. En même temps, l’Imam Mansour envoie des lettres au sultan ottoman requérant son soutien. Il écrit qu’il ne dort plus la nuit mais qu’il lutte continuellement contre la tsarine [32]. Le sultan ottoman Abdoulhamid Ier envoie personnellement une horloge et une jumelles à l’imam, le reconnaissant comme chef de l’Etat de montagnards du Caucase [33].

Catherine II ordonne la conquête des forteresses de Tsemez et d’Anapa, encore aux mains des turcs ottomans. Le 20 septembre 1787, 7000 cavaliers de l’Imam Mansour, principalement des tcherkesses du Kouban, des nogaïs et des tchétchènes, affrontent les divisions du Général Potemkine présentant environ 8000 soldats et 35 pièces d’artillerie. La bataille rangée dure pendant trois jours et trois nuits. Les Caucasiens doivent se replier, de nouveau : ils quittent l’arène. Immédiatement, l’armée russe se dirige vers la Forteresse Anapa pensant qu’il n’y aura plus de soldats pour la défense. Il se peut qu’elle s’épuise aux portes de la forteresse. D’autant que, à compter du 25 septembre [34]. Mansour qui a recomposé ses forces, reprend son harcèlement et accroît la fréquence de ses actes de guérilla.

4.c. La bataille de Zelentchuk et de Kefir (19-22 octobre 1787)

Le Général Tekelli, nouveau commandant russe de l’Armée du Caucase, prépare une grande armée et s’installe à la source des rivières Grand Zelentchuk et Kefir. Les forces de l’Imam Mansour ne peuvent pas vraiment rivaliser avec l’armée russe. Le 19 octobre 1787, une bataille importante qui se révèlera sanglante, s’engage. Pendant trois jours, les deux armées combattent et l’Imam Mansour est vaincu. Ses forces se sont retirées vers les montagnes avec de lourdes pertes. Même le conseiller de Mansour, Omar Haji est blessé dans la bataille [35].

Après sa victoire, le Général Tekelli est nommé au poste de commandant suprême de l’Armée du Caucase. Puis il tente de conquérir la forteresse d’Anapa, sans succès. Il est donc démis et remplacé par le Général Bibikov.

4.d. Anapa et Imam Mansour (1788 – 1791)

Anapa est située sur les bords de la mer Noire à proximité de l’actuelle Novorrossisk, à l’extrémité occidentale de la chaîne du Caucase, face à la Crimée. Elle fut pendant des siècles une sorte de port franc où des marchands turcs, grecs et génois venaient acheter des esclaves aux Tcherkesses et aux Abkhazes pour les revendre ensuite aux pachas d’Egypte, aux beys d’Alger, de Tunis, de Tripoli ou du Yémen. A la fin du 18eme siècle, au tout début de la Guerre du Caucase, ce port, en raison de sa position stratégique fut l’objet de disputes sanglantes entre les Turcs, les Russes, les Tatars de Crimée, les Tatars Nogaïs habitant le Kouban et les Tcherkesses [36]. En 1787, lorsque la guerre éclate à nouveau entre l’Empire Russe et l’Empire Ottoman, l’Imam Mansour prend part à la défense d’Anapa.

Lorsque le Général Bibikov est nommé nouveau commandant, il rassemble une nouvelle armée de 12000 soldats et marche vers la ligne Kouban. Il bat certaines tribus tcherkesse et nogaï. Après cela, le 24 mars 1788, il attaque la forteresse d’Anapa, espèrant couper ainsi l’artère principale de communication entre les ottomans et les tribus du Caucase et diminuer sensiblement la participation de l’Empire Ottoman. Toutefois, en raison d’une forte défense d’artillerie et des attaques à répétition sur les côtés par les forces de Mansour, l’armée russe qui perd beaucoup de soldats [37], renonce une première fois. Elle se voit renforcée de 10000 hommes supplémentaires, répartis en trois lignes sous les ordres du Général Radiyev, du Général Palakin et du Général Rabinder. Ceux-ci reprennent le siège. Les combats se poursuivent tout le printemps et tout l’été, aucune des deux parties ne pouvant s’imposer, même si les Russes enregistrent des pertes massives. Ceux-ci sont sur le point de prendre Anapa le 22 septembre 1788. Mansour qui a envoyé de très nombreuses lettres à Istanbul, compte sur le soutien de l’armée du sultan. Battal Houseyin Pacha [38] qui est le gouverneur ou « Serasker » (général) à est nommé sur place par l’administration ottoman le 26 novembre 1788.

L’Empire ottoman profite alors des récentes et abondantes pertes russes et passe à l’offensive sur la terre et sur la mer. Le 9 août 1789, l’offensive navale échoue, défaite par les Russes. Mais le même jour, Battal Houseyin Pacha ordonné de marcher dans la Kabardia. Auparavant, des lettres et des cadeaux ont envoyés aux chefs des tribus Kabardas et Daghestanais leur demandant de se joindre au Pacha. Mansour rejoint cet effort et son armée atteint à 30 milliers de soldats. Autour de Kouban, il se heurte à une armée russe moins nombreuse, mais dans la bataille, les russes prévalent. D’après Baddeley [39] et Bennigsen [40], Battal Houseyin Pacha lui-même est fait prisonner, mais toutefois certaines de sources ottomanes [41] affirment qu’aucune de ces batailles n’a eu lieu et que le pacha s’est rendu et a trahi à sa propre armée. Son armée commence à revenir d’Anapa. L’Imam Mansour à cette date se bat contre l’armée russe dans la région du Kouban et il attendait l’arrivée de l’armée ottomane, qui ne s’est jamais produite. Malgré la supériorité numérique russe, Imam Mansour réussit à défaire l’armée du Général German après des heures de combat autour de la commune Khopperskoy en decembré 1789.

Toutefois, la reddition de Battal Houseyin Pacha expose Anapa à de nouvelles attaques russes. Jaune Abdoullah Pacha, le nouveau serasker à la forteresse n’est pas très différent de Battal Pacha, sauf qu’il n’est pas présent à Anapa. Les russes ont fait beaucoup pour le capturer. L’échec du général Bibikov lui coûte son poste, remplacé par le Général Goudovitch, nouveau commandant de la région. Les changements se révèlent efficaces, le 12 juin 1791, le Général Goudovitch arrive en face d’Anapa. Après plusieurs jours de siège et de combats sanglants, le 5 juillet 1791, la forteresse est capturée. Imam Mansour est blessé lors d’un combat et est pris en otage [42].

En août 1791, les empires Ottoman et Russe signent un accord de paix : les premiers quittent le Kouban mais gardent Anapa. D’autre part, Moustafa Rasih Pacha, le représentant de l’Empire Ottoman demande [43] officiellement à la Russie de leur livrer l’Imam Mansour. Cela est refusé au motif qu’il est Tchétchène et non un sujet ottoman. Par ailleurs, les Russes font remarquer qu’« il est responsable de la rébellion contre la Russie, qu’il est un bandit criminel et que sa punition doit être exécutée. Il est cependant gracié et sa peine commuée en prison à vie. Il sera pour le restant de ces jours un prisonnier » [44]

Imam Mansour, par nature fougueux, énergique, épris de liberté, ne peut accepter l’emprisonnement, et dans un moment de la colère, tue un soldat de garde [45]. Après cela, il est envoyé à la forteresse de Chlisselbourg , où il décède le 13 avril 1794.

5. Conclusion

La mort de Mansour ne met pas un terme à la lutte des Tchétchènes contre la Russie. Bien au contraire. Depuis le début de la lutte en 1785 jusqu’à sa capture en 1791, il inflige de lourdes pertes aux forces russes mais son influence dépasse largement ce résultat. En effet l’action de l’Imam Mansour change l’histoire du Caucase du Nord et inaugure une période nouvelle. L’Imam Mansour est le premier d’une longue série de personages charismatiques qui pendant près de deux siecles, marquent l’histoire de la résistance des montagnards du Caucase du Nord contre les Russes. Ces idées se perpétuent au fil des décennies qui passent. Elles prennent une dimension soufie au siècle suivant. L’héroisme et les accès de courage sont chantés pendant longtemps dans les villages ou dans les camps à la veille d’une bataille. Le noyau de ce mouvement est une résistance contre l’envahisseur russe qui veut dominer le Caucase.

Ceux qui prétendent que Mansour a collaboré avec l’Empire Ottoman se trompent. Pendant toute la durée de la paix, les Ottomans se montrent toujours impressionné par ses réalisations ; ils s’en inquiétent aussi. Ainsi parfois, selon ses intérêts, l’Empire Ottoman ne favorise guère l’imam : il est arrivé qu’ils envoient des cadeaux aux montagnards et répandent des mensonges contre lui entre l’Anatolie et le Caucase. De plus, lorsque l’Empire Ottoman déclare la guerre à l’Empire Russe, l’aide promise par le sultan n’a jamais pu être débloquée. Après Anapa, les Ottomans abandonnent les montagnards du Caucase du Nord à leur propre sort. L’histoire se répête les siècles suivants jusqu’à aujourd’hui : les montagnards sont laissés seuls face à leur ennemi brutal. L’imam n’a fait que chercher une puissante protection à offrir à ses partisans contre la Russie. Il avait bien compris également l’importance de l’union et de l’unité des peuples des Montagnes du Caucase. Il n’avait qu’un seul but : la libération de sa nation, les Tchétchènes, avec d’autres peuples du Caucase, des mains de l’empire russe.

[1] Muridisme: mouvement de l’islam proche du soufisme, basé sur une obéissance stricte aux lois Cor’aniques et utilisés par les imams suivants pour accroître un sentiment national et religieux anti-russe dans le Caucase.

[2] Paul B. Henze, “Fire and Sword in the Caucasus: the 19th Century Resistance of the North Caucasian Mountaineers, London-1983, p.33

[3] Moshe Gammer, “A preliminary to decolonizing the historiography of Shaykh Mansour”, Middle Eastern Studies Vol 32, No 1, 1996, p 194

[4] John F. Baddeley, “The Russian conquest of the Caucasus”, London-1908, p 73

[5] Nicolea Iorga, “Osmanli Tarihi, (1774–1912)”, Vol V, Traduc. Bekir Sitki Baykal (Ankara, 1948), p 43

[6] Archive de la présidence du conseil turc sur l’Empire Ottoman, HH, n ° 1305

[7] John F. Baddeley, “The Russian conquest of the Caucasus”, London-1908, p 73

[8] Dalkhan Khojayev, “Tchetchensiy v Russko-Kavkazkoy Voyna”, Grozny, 1998, p.21

[9] Nart (Misirbi>Sado>Soltakhan>Nart), “Jizn Mansoura Velikago Bortsa za Nezavisimost Kavkazkikh Gortsi”, Istanbul, 1924, p.3-4

[10] Nart, “Jizn Mansoura Velikago Bortsa za Nezavisimost Kavkazkikh Gortsi”, Istanbul, 1924, p.5

[11] Ghazavat: La guerre sainte chez les musulmans comme la djihad, mais il est un peu différent dans le Caucase parcequ’elle a un caractère national

[12] D’une brochure qui l’Imam Mansour a distribué dans le Caucase: Ecrit a l’origine en arabe. Au début de ce document, il est écrit que le document a été apporté par un messager d’Imam Mansour, Les archives de la présidence du conseil turc sur l’Empire Ottoman, HH No 1247-1248, lettre de l’Imam Mansour au gouverneur de Sogucak, 1200 (1785-1786)

[13] Ismail Berkok, “Tarihte Kafkasya”, Istanbul – 1958, p 381

[14] Archive de la présidence du conseil turc sur l’Empire Ottoman, HH, n ° 1308, du gouverneur de Cildir, Suleyman Pacha à la Sadaret (Istanbul) 12 Muharrem 1202 (le 6 novembre 1787)

[15] Pcheh: Prince tcherkess, un noble.

[16] Tarik Cemal Kutlu, “Cecen Direnis Tarihi”, Anka Yay, Mars 2005, p.132

[17] Calife: le chef des musulmans, c’est-à-dire “successeur”, un titre porté par les successeurs du prophète Mahomet après sa mort en 632

[18] John F. Baddeley, “The Russian conquest of the Caucasus”, London-1908, p 73

[19] Archive de la présidence du conseil turc sur l’Empire Ottoman, HH , n °1011-C, la rapport de Sadaretpenahi Ocakcisi Mehmed Tatar

[20] Archive de la présidence du conseil turc sur l’Empire Ottoman, HH, n °1011-B, la rapport de Kaftanci Ali Aga, Sevval 1199, ( Juillet 1785 )

[21] Archive de la présidence du conseil turc sur l’Empire Ottoman, HH, n °1305, la rapport d’Ic Cukadari Ali, 1200, ( Septembre 1785)

[22] Archive de la présidence du conseil turc sur l’Empire Ottoman, HH, n °1011-B, la rapport de Kaftanci Ali Aga, Sevval 1199, ( Juillet 1785 )

[23] Archive de la présidence du conseil turc sur l’Empire Ottoman, HH, n °1011-B-D, la rapport de Kaftanci Ali Aga, Sevval 1199, ( Juillet 1785 )

[24] Abouzar Aydamirov, “Khronologiya Istorii Tchetchno-Inguchetii”, Grozny-1991, p.25

[25] Archive de la présidence du conseil turc sur l’Empire Ottoman, HH, n °1305-A

[26] Tarik Cemal Kutlu, “Cecen Direnis Tarihi”, Anka Yay, Mars 2005, p.137

[27] Ismail Berkok, “Tarihte Kafkasya”, Istanbul – 1958, p. 386

[28] Tarik Cemal Kutlu, “Cecen Direnis Tarihi”, Anka Yay, Mars 2005, p.137

[29] Archive de la présidence du conseil turc sur l’Empire Ottoman, HH, n °1305

[30] Dalkhan Khojayev, “Tchetchensiy v Russko-Kavkazkoy Voyna”, Grozny, 1998, p.24

[31] Alexandre Bennigsen, “Un mouvement populaire au Caucase du XVIII’ siècle: la ‘Guerre Sainte’ de Sheikh Mansour (1785–1794). Page mal conue et controversée des relations Russo-Turques”, Cahiers du Monde Russe et Sovietique, Vol V, No 2 (April–June 1964), p.191

[32] Archive de la présidence du conseil turc sur l’Empire Ottoman, HH, n °1351-A

[33] Tarik Cemal Kutlu, “Cecen Direnis Tarihi”, Anka Yay, Mars 2005, p.139

[34] Archive de la présidence du conseil turc sur l’Empire Ottoman, Cevdet Askeriye, n °4681

[35] Tarik Cemal Kutlu, “Cecen Direnis Tarihi”, Anka Yay, Mars 2005, p.141

[36] Alexandre Grigoriantz, “La Montagne du Sang”, Genève-1998, p.47

[37] Semen Esadze, “Cerkesya’nin Ruslar Tarafindan Isgali”, Traduc. Murat Papsu, Ankara-1999, p 6.

[38] Ahmed Cevdet Pacha, “Tarih-i Cevdet”, Vol III, Istanbul-1854, p.151

[39] John F. Baddeley, “The Russian conquest of the Caucasus”, London-1908, p.78

[40] Alexandre Bennigsen, “Un mouvement populaire au Caucase du XVIII’ siècle: la ‘Guerre Sainte’ de Sheikh Mansour (1785–1794). Page mal conue et controversée des relations Russo-Turques”, Cahiers du Monde Russe et Sovietique, Vol V, No 2 (April–June 1964), p.190

[41] Ahmed Cevdet Pacha, “Tarih-i Cevdet”, Vol III, Istanbul-1854, p.144; Cemal Gokce, “Kafkasya ve Osmanli Imparatorlugu’nun Kafkasya Siyaseti”, İstanbul-1979), p.151

[42] John F. Baddeley, “The Russian conquest of the Caucasus”, London-1908, p.78

[43] Abdullah Saydam, “Kuzey Kafkasya’daki Bagimsizlik Hareketleri”, Trabzon-1998, p.308

[44] Kadircan Kafli, “Simali Kafkasya”, Istanbul-1942, p.87

[45] Dalkhan Khojayev, “Tchetchensiy v Russko-Kavkazkoy Voyna”, Grozny, 1998, p.27

Liste de Sources

I- Sources

En turc:

–          Archive de la présidence du conseil turc sur l’Empire Ottoman, Hatt-i Humayunlar, Cevdet Hariciye Tasnifi, Cevdet Dahiliye Tasnifi, Cevdet Askeriye Tasnifi

–          Ahmed Cevdet Pacha, Tarih-i Cevdet, Vol III, Istanbul-1854

–          Nicolea  Iorga, Osmanli Tarihi, (1774–1912), Vol V, Traduc. Bekir Sitki Baykal, Ankara-1948

En russe:

–          Nart “Jizn Mansoura Velikago Bortsa za Nezavisimost Kavkazkikh Gortsi”, Istanbul, 1924

II- Bibliographies

En anglais :

–          John F. Baddeley, The Russian conquest of the Caucasus, London-1908

–          Moshe Gammer, “A preliminary to decolonizing the histogriography of Shaykh Mansour” Middle Eastern Studies, Vol 32, No 1, 1996, p 194

–          Paul B. Henze, “Fire and Sword in the Caucasus: the 19th Century, Resistance of the North Caucasian Mountaineers”, London-1983

En français :

–          Alexandre Bennigsen, “Un mouvement populaire au Caucase du XVIII’ siècle: la ‘Guerre Sainte’ de Sheikh Mansour (1785–1794). Page mal conue et controversée des relations Russo-Turques”, Cahiers du Monde Russe et Sovietique, Vol V, No 2 (April–June 1964), p.159-205

–          Alexandre Grigoriantz, “La Montagne du Sang”, Genève-1998

En turc :

–          Abdullah Saydam, “Kuzey Kafkasya’daki Bagimsizlik Hareketleri”, Trabzon-1998

–          Cemal Gokce, “Kafkasya ve Osmanli Imparatorlugu’nun Kafkasya Siyaseti”, Istanbul-1979

–          Ismail Berkok, “Tarihte Kafkasya”, Istanbul-1958

–          Kadircan Kafli, “Simali Kafkasya”, Istanbul-1942

–          Tarik Cemal Kutlu, “Cecen Direnis Tarihi”, Istanbul- 2005

–          Semen Esadze, “Cerkesya’nin Ruslar Tarafindan Isgali”, Traduc. Murat Papsu, Ankara-1999

En russe :

–          Abouzar Aydamirov, “Khronologiya Istorii Tchetchno-Inguchetii”, Grozny-1991

–          Dalkhan Khojayev, “Tchetchensiy v Russko-Kavkazkoy Voyna”, Grozny-1998

Ahmet Burak OZTAS
Janvier 2013 – EHESS

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