{"id":1427,"date":"2013-03-06T14:51:32","date_gmt":"2013-03-06T11:51:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.waynakh.com\/fr\/?p=1427"},"modified":"2013-04-18T12:45:44","modified_gmt":"2013-04-18T09:45:44","slug":"une-page-de-la-resistance-dans-la-caucase-du-nord-imam-mansour-ouchurma","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.waynakh.com\/fr\/2013\/03\/06\/une-page-de-la-resistance-dans-la-caucase-du-nord-imam-mansour-ouchurma\/","title":{"rendered":"Une page de la r\u00e9sistance dans la Caucase du Nord: Imam Mansour Ouchurma"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">La lutte pour l&#8217;ind\u00e9pendance des populations des montagnes du Caucase fournit de nombreux h\u00e9ros et des exemples d&#8217;h\u00e9ro\u00efsme. Parmi ces h\u00e9ros, Imam Mansour occupe une place \u00e0 part. Son image est conserv\u00e9e pieusement dans l&#8217;histoire. Imam Mansour \u00e9tait un grand organisateur, un g\u00e9n\u00e9ral incomparable et un homme politique exceptionnellement dou\u00e9. Il \u00e9tait \u00e0 la fois intelligent, noble et honn\u00eate dans ses relations personnelles et sociales. Tout au long de sa vie, il portait en lui la flamme de libert\u00e9. Avec ses paroles, il a enflamm\u00e9 les coeurs des gens des montagnes et permis le soul\u00e8vement contre les ennemis.<!--more--><\/p>\n<p><strong>Ahmet Burak OZTAS<\/strong><br \/>\n<em>Janvier 2013 &#8211; EHESS<\/em><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>Introduction<\/li>\n<\/ul>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>1. L\u2019homme et sa L\u00e9gende<\/li>\n<\/ul>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>2. Premiers combats\/Premiers victoires<\/li>\n<li>2.a. La bataille d\u2019Aldy (26 juin 1785)<\/li>\n<li>2.b. La bataille de Grigoripolis (29 juillet 1785)<\/li>\n<li>2.c. Le si\u00e8ge de la forteresse de Kizlyar (Juillet-ao\u00fbt 1785)<\/li>\n<\/ul>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>3. La R\u00e9plique russe<\/li>\n<li>3.a. La bataille de Malka (30 octobre 1785)<\/li>\n<li>3.b. La bataille de Tatartup (le 21 novembre 1785)<\/li>\n<\/ul>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>4. Une nouvelle phase du combat : Vers une organisation plus politique<\/li>\n<li>4.a. La bataille de Ghatchalq (Katchkalikov) (17 janvier 1787)<\/li>\n<li>4.b. La bataille d\u2019Obun (20-22 septembre 1787)<\/li>\n<li>4.c. Les batailles de Zelentchuk et de Kefir (19-22 octobre 1787)<\/li>\n<li>4.d. Anapa et Imam Mansour (1788 \u2013 1791)<\/li>\n<\/ul>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>5. Conclusion<\/li>\n<\/ul>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>Liste de Sources<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>Introduction<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Caucase du Nord, aussi appel\u00e9e la Ciscaucasie, est la partie nord de la r\u00e9gion du Caucase, entre la mer Noire et la mer Caspienne. Il est habit\u00e9 par des nombreux groupes ethniques, si bien que les voyageurs arabes dans leurs r\u00e9cits (e.g. ibn Hawqal, <i>Surat al-Ardh<\/i> [\u0635\u0648\u0631\u0629\u0627\u0644\u0627\u0631\u0636; \u00ab La face de la terre \u00bb], 977), l\u2019appelaient \u00ab la montagne des langues \u00bb. Parmi lesquelles les populations plus anciennes de cette r\u00e9gion, on peut les classer comme les Tcherkesses et les Abkhazes, les Oss\u00e8tes, les Tch\u00e9tch\u00e8nes-Ingouches, et les plusieurs peuples du Daghestan (<i>Avar, Darguine, Lezguien, etc\u2026<\/i>) si on reprend une classification linguistique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s la conqu\u00eate d\u2019Astrakhan par l&#8217;empire russe en date de 1557, la premi\u00e8re apparation des Russes au Caucase du Nord \u00e0 l\u2019embouchure du Terek qui passe sur une partie de la Tch\u00e9tch\u00e9nie actuelle, a \u00e9t\u00e9 vu et la p\u00e9n\u00e9tration russe a commenc\u00e9 dans la r\u00e9gion. Cependant, c\u2019est sous Catherine II, \u00e0 la fin du XVIIIe si\u00e8cle, que l\u2019empire russe met r\u00e9ellement en place une politique d\u2019expansion vers le Caucase. La volont\u00e9 de faire de la mer Caspienne et de la mer Noire des \u00ab lacs russes \u00bb et en arri\u00e8re plan l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019espace m\u00e9diterran\u00e9en, vieux r\u00eave maritime d\u2019une Russie continentale, se traduit \u00e9galement par une s\u00e9rie de conflits avec la Perse et l\u2019Empire Ottoman.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;apparition de l&#8217;Imam Mansour, une partie de la population dans cette r\u00e9gion tentaient de r\u00e9sister contre l&#8217;arm\u00e9e de l&#8217;empire russe avec des petites forces r\u00e9gionales de volontaires. Mansour entreprend d&#8217;unifier les peuples pour r\u00e9sister \u00e0 l&#8217;arm\u00e9e russe en insufflant d\u2019une id\u00e9e lib\u00e9ration des musulmans, utilisant l\u2019islam comme un moyen de surmonter les diff\u00e9rences linguistiques et nationalit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est un succ\u00e8s, il deviendra une l\u00e9gende en particulier pour le peuple Tch\u00e9tch\u00e8ne et ses id\u00e9es ont cr\u00e9\u00e9 un nouveau mouvement dans la r\u00e9gion: \u00ab le Muridisme \u00bb <strong>[1]<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>1. L\u2019homme <\/b><b>et sa L\u00e9gende<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a diff\u00e9rentes versions sur l&#8217;identit\u00e9 de Mansour et son origine. Une hypoth\u00e8se veut qu&#8217;il soit d\u2019origine italienne <strong>[2]<\/strong>. D\u2019autres avancent qu&#8217;il aurait \u00e9t\u00e9 un collaborateur de l&#8217;Empire Ottoman ou un agent anglais <strong>[3]<\/strong>. D\u2019autres encore disent qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 Tatar <strong>[4]<\/strong> ou Noga\u00ef <strong>[5]<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les \u00e9v\u00e9nements dans le Caucase et les activit\u00e9s de Mansour ne semblent pas confirmer qu\u2019il ait pu \u00eatre un aventurier \u00e9tranger, ni un agent ottoman ou anglais, notamment dans les archives ottomanes, on voit qu\u2019au d\u00e9but du son mouvement, le Sultan s\u2019interesse pour en savoir qui Mansour est <strong>[6]<\/strong>; et il y a aucun document sur lui dans les archives britanniques. Le fait est qu&#8217;il connaissait bien le peuple du Caucase du Nord. Il a compris comment les aborder, comment toucher leurs sentiments religieux et les mobiliser contre leur ennemi commun\u00a0: l\u2019Empire Russe. Bien qu&#8217;il ait \u00e9chou\u00e9 \u00e0 unir toutes les populations du Caucase, il a pu en r\u00e9unir une grande partie\u00a0: des milliers de personnes ont suivi Mansour dans ses batailles contre l&#8217;Empire Russe. Selon Baddeley <strong>[7]<\/strong>, certains rapports militaires russes affirment qu&#8217;il \u00e9tait Tch\u00e9tch\u00e8ne, et c\u2018est sans doute l\u2019hypoth\u00e8se la plus probable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019apr\u00e8s les travaux de l\u2019historien Khojayev <strong>[8]<\/strong>, en 1760, il na\u00eet dans une famille de paysans pauvres dans le village d\u2019Aldy en Tch\u00e9tch\u00e9nie. Il est le quatri\u00e8me fils de la famille, appartenant au clan \u00ab\u00a0Elistanjkhoy \u00bb. Son p\u00e8re Chabaaz lui a donn\u00e9 le nom \u00ab\u00a0Ouchurma\u00a0\u00bb. Mais apr\u00e8s ses succ\u00e8s contre les envahisseurs russes, il est devenu \u00ab\u00a0Mansour\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0Victorieux\u00a0\u00bb en arabe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&#8217;est une \u00e9poque de guerre et de troubles et par tradition chez les montagnards du Caucase, la formation des jeunes gens \u00e0 l\u2019art du combat est primordial\u00a0: des hommes sains dans leur corps et leur esprit. Alors que Oushurma est t\u00e9moin de la brutalit\u00e9 russe, il est initi\u00e9 \u00e0 l\u2019islam par son p\u00e8re pendant son enfance. Pendant sa jeunesse, il est berger. Il s\u2019occupe \u00e9galement d\u2019agriculture. Mais dans le m\u00eame temps, il passe ses journ\u00e9es \u00e0 cheval, apprenant seul \u00e0 tirer et \u00e0 se battre \u00e0 l\u2019\u00e9p\u00e9e. Il a l&#8217;habitude de pratiquer l\u2019art du sabre sur les moutons, et son p\u00e8re est souvent oblig\u00e9 de payer ses concitoyens pour les brebis qui ont \u00e9t\u00e9 coup\u00e9es en deux par le jeune et passionn\u00e9 Ouchurma. Afin d&#8217;augmenter sa force, il jette de lourdes pierres et saute par-dessus de profonds foss\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon son arri\u00e8re petit-fils \u00ab\u00a0Nart \u00bb <strong>[9]<\/strong>, Ouchurma etait exceptionnellement courageux et audacieux, grand, imposant, noble et solennel. Il attirait l&#8217;attention des autres en raison de sa forte volont\u00e9. Il ne portait que des costumes nationaux et toujours des armes. Beaucoup de vieillards, \u00e0 qui Nart a parl\u00e9, ont assur\u00e9 que Mansour a m\u00eame dormi dans son manteau compl\u00e8tement arm\u00e9. Il expliquait cette \u00e9trange habitude par le fait qu&#8217;il semblait honteux \u00e0 un noble tch\u00e9tch\u00e8ne de se d\u00e9shabiller pour dormir. A son avis, un Tch\u00e9tch\u00e8ne devait toujours \u00eatre pr\u00eat \u00e0 toute \u00e9ventualit\u00e9 et ne devait jamais prendre l&#8217;habitude du confort. Cela explique aussi pourquoi il ne dormait jamais sur autre chose qu&#8217;un manteau en feutre et sur une selle. Le manteau servait de couette et de couverture\u00a0; la selle d\u2019oreiller.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l\u2019\u00e2ge de vingt ans, il quitte sa famille afin de terminer ses \u00e9tudes au Daghestan, centre reconnu, \u00e0 l&#8217;\u00e9poque, pour les \u00e9tudes islamiques. Apr\u00e8s deux ann\u00e9es, devenu Mollah, Ouchurma retourne dans son village natal. Il se marie \u00e0 22 ans. De ce mariage, naissent un gar\u00e7on (<i>Misirbi<\/i>) et deux filles (<i>Serija<\/i> et <i>Akhzart<\/i>), celles-ci \u00a0meurent tr\u00e8s jeunes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s son retour, il commence \u00e0 faire des pr\u00eaches dans les mosqu\u00e9es locales. C\u2019est ainsi qu\u2019en peu de temps, ses id\u00e9es se diffusent dans les villages et les r\u00e9gions voisines. Au d\u00e9but de 1785, fuyant l&#8217;avanc\u00e9e russe, les Tch\u00e9tch\u00e8nes se r\u00e9unissent dans le village d\u2019Aldy et \u00e9lisent Ouchurma \u00ab Imam\u00a0\u00bb <strong>[10]<\/strong>, c\u2019est-\u00e0-dire leur chef spirituel et temporel. Celui-ci envoie alors un certain nombre de lettres appelant \u00e0 l\u2019unit\u00e9 des musulmans du Caucase. Dans ces lettres, il d\u00e9clare qu&#8217;il est envoy\u00e9 par Allah pour lutter contre les infid\u00e8les russes. Il commence \u00e0 demander aux gens de participer au \u00ab\u00a0ghazavat \u00bb <strong>[11]<\/strong> contre les envahisseurs russes. Dans un de ses appels, il d\u00e9clare ainsi\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<i>\u00d4 Croyants<\/i><i>! Sachez que votre vie est pleine d&#8217;ignorance, et que vous avez commis des p\u00e9ch\u00e9s en consommant de l&#8217;alcool et du tabac. Vous avez, maintenant, la possibilit\u00e9 de rectifier vos erreurs et de trouver la r\u00e9demption. Repentez-vous sinc\u00e8rement avant que la mort vous emporte. Ceux qui se repentent seront rachet\u00e9s. Craignez Allah, et placez la crainte d&#8217;Allah dans vos c\u0153urs. Pardonnez aux meurtriers, car Allah dit que celui qui surmonte sa col\u00e8re et pardonne est un vrai croyant. N\u2019adorez pas les idoles, parce que si vous les adorez, c\u2019est que vous \u00eates pa\u00efens. Faites l&#8217;aum\u00f4ne aux pauvres et luttez contre l&#8217;ennemi\u00a0!\u00a0<\/i>\u00bb <strong>[12]<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un autre appel, il dit:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<i>Toute chose<\/i><i> russe est interdite, ainsi que tout ce qui se ressemble d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre \u00e0 une chose russe. Si vous <\/i><em>\u00eates<\/em><i> malades,<\/i><i> ne voyez pas de m\u00e9decin russe, vous risqueriez de devenir ami avec lui.<\/i> \u00bb <strong>[13]<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De toute \u00e9vidence, le but de ces avertissements est d&#8217;unir les gens autour de leur sentiment d&#8217;hostilit\u00e9 envers la Russie. L\u2019Imam Mansour a tent\u00e9 de convaincre les tribus du Caucase que s&#8217;ils ne se battent pas pour leur libert\u00e9, ils la perdront, et que leur seule chance de succ\u00e8s r\u00e9side dans l&#8217;unit\u00e9. Or le seul facteur capable d&#8217;unir les diverses tribus est la religion, Mansour tente ainsi de les d&#8217;unir au Daghestan et en Tch\u00e9tch\u00e9nie, l\u00e9gitimant son mouvement et son leadership par la religion et le mysticisme <strong>[14]<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sa renomm\u00e9e croissante attire l&#8217;attention des autorit\u00e9s russes. En mars 1785, le g\u00e9n\u00e9ral-mayor russe Peutling pr\u00e9pare un rapport sur les activit\u00e9s de l&#8217;Imam Mansour et le partage avec les autorit\u00e9s au plus haut niveau. Entre-temps, l&#8217;Imam Mansour rencontre le prince kumuk Tchupalov et le Pcheh <strong>[15]<\/strong> de la petite Kabardia, Dol Moudarov, qu\u2019\u2019il invite \u00e0 rejoindre la sainte Ghazavat. Il lance \u00e9galement ses invitations en Oss\u00e9tie voisine. Le commandant russe de la forteresse Vladikavkaz, le lieutenant colonel Mattse, rend compte imm\u00e9diatement de la situation. Il est tr\u00e8s probable qu\u2019apr\u00e8s ce rapport, le 2 avril 1785, le lieutenant g\u00e9n\u00e9ral, le Prince Pavel Potemkine ait distribu\u00e9 une notification <strong>[16]<\/strong> comprenant un grand nombre de menaces contre les peuples tch\u00e9tch\u00e8ne et kumuk.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>2. <\/b><b>Premiers combats\/Premiers victoires<\/b><b><\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>2.a. La bataille d\u2019Aldy (26 juin 1785)<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tandis que l&#8217;Imam Mansour essaie d&#8217;unifier les peuples du Caucase, en mai 1785 le commandant supr\u00eame du Caucase Potemkine est promu r\u00e9gent de la tsarine de Russie. Les arm\u00e9es du Caucase du Kouban sont r\u00e9unies. Le si\u00e8ge du commandement supr\u00eame est d\u00e9plac\u00e9 \u00e0 Ekaterinbourg. Ces \u00e9l\u00e9ments annoncent unhe grande op\u00e9ration contre les montagnards. En effet, le 8 juin 1875, l&#8217;arm\u00e9e russe sous le commandement du colonel Pier entre en Tch\u00e9tch\u00e9nie afin d\u2019\u00e9liminer le mouvement d&#8217;ind\u00e9pendance en phase de forte croissance au sein des peuples montagnards.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 26 Juin 1785, une force de quelque 7000 soldats russes du colonel Pieri assi\u00e9g\u00e9\u00a0 le village natal de l&#8217;Imam Mansour, Aldy. Celui-ci envoie un messager pour expliquer qu\u2019en raison de l\u2019accord de paix existant entre les empires ottoman et russe, il ne veut pas se battre sans l&#8217;autorisation de l&#8217;Empire Ottoman. Probablement il tentait de sauver son peuple d&#8217;une guerre et il a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement croire que le Sultan ottoman est la t\u00eate d\u2019enti\u00e8re la population musulmane dans le monde, parce qu\u2019il n&#8217;\u00e9tait pas simplement un sultan, mais il \u00e9tait aussi le \u00ab\u00a0Calife \u00bb <strong>[17]<\/strong>. Cependant, le colonel russe Pieri refuse de n\u00e9gocier et lance son attaque pour capturer l&#8217;Imam Mansour mort ou vif <strong>[18]<\/strong>. \u00c0 ce moment, il n&#8217;y avait qu\u2019entre 40 et 50 maisons dans le village, m\u00eame les femmes s\u2019engagent contre l&#8217;arm\u00e9e russe aux c\u00f4t\u00e9s de leur Imam.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au cours des combats, le village d\u2019Aldy est totalement d\u00e9truit par l&#8217;arm\u00e9e russe. Le fr\u00e8re de Mansour est tu\u00e9 <strong>[19]<\/strong>. Cependant, au bout de quatre heures de combat, les forces tch\u00e9tch\u00e8nes r\u00e9sistent toujours \u00e0 l&#8217;arm\u00e9e russe. Mansour tue le colonel Pieri lui-m\u00eame, alors qu&#8217;il tente de s&#8217;\u00e9chapper. Sur 7000 soldats russes seuls deux cents survivent et sont emmen\u00e9s captifs, le prince Bagration \u2013 membre de la maison royale g\u00e9orgienne et en formation dans l&#8217;arm\u00e9e russe \u2013 est parmi eux. Certains soldats russes parviennent \u00e0 s&#8217;\u00e9chapper et se r\u00e9fugient dans une forteresse turque, Hacilar <strong>[20]<\/strong>. Les Russes sont contraints de battre en retraite au-del\u00e0 de la rivi\u00e8re Manich et tout leur \u00e9quipement, dont deux pi\u00e8ces d\u2019artillerie, est saisi par l&#8217;Imam <strong>[21]<\/strong>. Apr\u00e8s un court moment, les Russes demandent \u00e0 Mansour de leur retourner leur artillerie. Sa r\u00e9ponse est\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<i>Je vous ai dit<\/i><i> de ne pas venir chez nous, mais vous n&#8217;avez pas \u00e9cout\u00e9 et vous avez attaqu\u00e9. Je ne vous rendrai pas l\u2019artillerie m\u00eame si je n&#8217;en ai pas besoin. Je les ai d\u00e9j\u00e0 envoy\u00e9es au pacha du sultan ottoman [ie. le gouverneur de Sogucak] <\/i>\u00bb <strong>[22]<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s la d\u00e9faite \u00e0 Aldy, le 26 juin, les forces russes dans le Caucase se retirent. Les forces en G\u00e9orgie \u00e9galement. Les positions non strat\u00e9giques et les forts sont abandonn\u00e9s, et les troupes sont concentr\u00e9es sur les trois grandes forteresses de Mozdok, de Kizlyar et d\u2019Ekaterinodar. Les rapports <strong>[23]<\/strong> du gouverneur ottoman \u00e0 Sogucak, Ferah Ali Pacha, r\u00e9sument la situation apr\u00e8s la d\u00e9faite russe d\u2019Aldy\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<i>Les<\/i><i> forces russes dans le zone de Kouban ont quitt\u00e9 leurs positions, y compris le pont en face du notre fort de Hacilar, qu\u2019ils ont d\u00e9truit. Dans le Caucase, la d\u00e9faite russe a \u00e9t\u00e9 re\u00e7ue avec une \u00e9motion \u00e9norme. La renomm\u00e9e de Mansour a grandi et a atteint un niveau sans pr\u00e9c\u00e9dent. Les gens ont commenc\u00e9 \u00e0 parler de lui comme d&#8217;un sauveur envoy\u00e9 par Allah. Un grand nombre de personnes, partout dans le Caucase du Nord, ont afflu\u00e9 \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s et la plupart des Daghestanais et des Tch\u00e9tch\u00e8nes ont maintenant accept\u00e9 son leadership. Les Kabartay, qui ont rejoint a l\u2019Imam Mansour dans la lutte contre les Russes, ont vendu leurs \u2018ganimets\u2019 (butin) dans les forts ottomans, comme Anapa et Sogucak, ce qui a impressionn\u00e9 les tribus <\/i>tcherkesses<i> et<\/i><i> les a convaincues aussi de rejoindre Mansour. Par cons\u00e9quent, les attaques sur les lignes de d\u00e9fense russes se sont multipli\u00e9es et le succ\u00e8s d&#8217;au moins certaines d&#8217;entre elles a encore accru la gloire de l\u2019Imam Mansour et le nombre de ses partisans. Maintenant, il est orn\u00e9 dune banni\u00e8re jaune, rouge et verte. Ses guerriers se sont mis \u00e0 s&#8217;habiller dans les m\u00eames couleurs.<\/i>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>2.b. La bataille de Grigoripolis (29 juillet 1785)<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La victoire de l\u2019Imam Mansour est tr\u00e8s efficace en particulier dans la r\u00e9gion de Kabardia. L&#8217;opinion commune veut que &#8220;<i>l&#8217;imam a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 par Allah<\/i>&#8220;. Les gens se mettent \u00e0 croire en lui et les cavaliers kabardes commencent leurs attaques contre les patrouilles russes aux fronti\u00e8res. Le Pcheh Dol Moudarov invite Mansour pour discuter du remplacement des attaques individuelles par des op\u00e9rations plus solides. Selon le rapport <strong>[24]<\/strong> du major russe Jilov, l\u2019Imam Mansour accepte l&#8217;invitation et se rend en Kabardia le 26 juillet 1785. Pcheh Moudarov et d\u2019autres Pchehes kabardes comme Navrouzov, Akdemirov et Koudanetov l\u2019accueillent. L\u2019Imam Mansour propose alors de constituer une force de cavalerie et d\u2019attaquer la forteresse de Grigoripolis. Celle-ci ne r\u00e9siste pas\u00a0: 45 officiers et sergents, ainsi qu\u2019environ 1000 soldats, se rendent. L\u2019arm\u00e9e d\u2019Imam Mansour capture ainsi 8 pi\u00e8ces d\u2019artillerie. Apr\u00e8s cette victoire, les forces d&#8217;Imam Mansour ont le contr\u00f4le sur la ligne allant de Vladikavkaz \u00e0 Mozdok. Les Russes quittent leurs petites forteresses et se rassemblent dans les forteresses plus grandes et mieux d\u00e9fendues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>2.c. <\/b><b>Les si\u00e8ges de<\/b><b> la <\/b><b>forteresse<\/b><b> de <\/b><b>Kizlyar (juillet-ao\u00fbt 1785)<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 15 juillet 1785, Mansour essaie de capturer la forteresse de Kizlyar avec l&#8217;aide des forces Kumyk. Il ne dispose pas de beaucoup d\u2019hommes mais attaque quand m\u00eame directement la forteresse. Toutefois, celle-ci est solide et les soldats russes nombreux. Selon les rapports <strong>[25]<\/strong> de l&#8217;Empire Ottoman, malgr\u00e9 leur efficacit\u00e9, les forces tch\u00e9tch\u00e8nes ne peuvent pas conqu\u00e9rir la forteresse, mais elles capturent la redoute Karginsk. L\u2019Imam Mansour pense alors que c&#8217;est suffisant pour une premi\u00e8re attaque et quitte le lieu avec un important butin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s la victoire \u00e0 Grigoripolis, les gens Kumyk invitent l\u2019Imam Mansour. Ce dernier accepte leur invitation et le 19 ao\u00fbt 1785, il attaque la forteresse de Kizlyar une nouvelle fois avec la participation des nobles Kumyk. Cependant, les Russes ont pr\u00e9alablement achet\u00e9 quelques-uns de ces princes Kumyks qui d\u00e9sertent. Quand Mansour se retire, des forces russes d\u2019appui, notamment un r\u00e9giment d&#8217;infanterie de Tomsk, l\u2019attaque mais il parvient \u00e0 quitter l\u2019ar\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>3. <\/b><b>La R\u00e9plique russe<\/b><b> <\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>3.a. La bataille de Malka (<\/b><b>30 octobre 1785)<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 30 octobre 1785, le Commandant en chef russe dans le Caucase, Pavel Potemkine se rend en petite Kabardia avec 6.000 soldats pour \u00e9liminer l&#8217;organisation de l&#8217;Imam Mansour dans la r\u00e9gion. Mais les forces rebelles les affrontent en face de la rivi\u00e8re Malka. Au cours du combat, Mansour perd beaucoup de ses hommes en raison du pilonnage efficace de l\u2019artillerie russe. Par cons\u00e9quent, l\u2019Imam d\u00e9cide de se retirer une nouvelle fois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>3.b. La bataille de Tatartup (21 novembre 1785)<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s la d\u00e9faite de Mansour \u00e0 Malka, l&#8217;arm\u00e9e russe pense qu&#8217;elle peut compl\u00e8tement l\u2019\u00e9liminer. Elle organise une unit\u00e9 sp\u00e9ciale sous le commandement du colonel Nagel. Cette unit\u00e9 est constitu\u00e9e de deux r\u00e9giments de Moscou, un bataillon de chasseurs, deux escadrons des r\u00e9giments de la Kabardia et de la Selenga, ainsi que de 300 soldats du Cosaques du Don et Greben. Cette unit\u00e9 <strong>[26]<\/strong> entre en petite Kabardia le 21 novembre 1785. L\u2019Imam Mansour organise une petite unit\u00e9 de Tch\u00e9tch\u00e8nes, Kabardes, Kumyks et Daghestanais, contre les envahisseurs russes. Les deux arm\u00e9es se rencontrent \u00e0 Tatartub pr\u00e8s de la rivi\u00e8re Malka. Pendant le combat, des deux c\u00f4t\u00e9s on perd beaucoup d\u2019hommes. Mansour d\u00e9cide de se retirer le premier. Cependant, le colonel Nagel \u00e9tait pr\u00eat \u00e9galement \u00e0 donner l\u2019ordre du retrait. Les troupes rebelles regagnent leur territoire et Mansour se r\u00e9fugie \u00e0 la forteresse de l&#8217;Empire Ottoman \u00e0 Anapa <strong>[27]<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00e9sultat de cette d\u00e9faite est lourd pour l\u2019Imam Mansour, car beaucoup de ses partisans, parmi les Kabardes, les Kumykes et les Daghestanais, perdent confiance, le quittent et demandent pardon \u00e0 la Tsarine de Russie. Au d\u00e9but du 1786, Dol Moudarov, le Pcheh de petite Kabardia et fid\u00e9le partisan d\u2019Imam Mansour, est fait prisonnier par l&#8217;arm\u00e9e russe <strong>[28]<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On voit que Mansour avait cr\u00e9\u00e9 une unit\u00e9 <em>gr\u00e2ce \u00e0 Islam et victoires, mais elle<\/em><em> <\/em>\u00e9tait tr\u00e8s fragile contre les forces russes. Toutefois, l&#8217;Imam n&#8217;arr\u00eate pas\u00a0: il continue ses attaques de gu\u00e9rilla <strong>[29]<\/strong> aux fronti\u00e8res de la Russie avec ses fid\u00e8les, soit environ 600 hommes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>4. Une nouvelle phase du combat\u00a0: Vers une organisation plus politique<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En avril 1786, l\u2019Imam Mansour organise le Congr\u00e8s des peuples du Caucase du Nord <strong>[30]<\/strong>. On ne dispose pas d\u2019informations plus d\u00e9taill\u00e9es, mais on sait que les Ingouches sont repr\u00e9sent\u00e9s par leurs a\u00een\u00e9s et acceptent de rejoindre les forces de la r\u00e9sistance qui se composent alors de Tch\u00e9tch\u00e8nes et de Kabardes. Peu apr\u00e8s, r\u00e9agissant au succ\u00e8s du Congr\u00e8s, les Russes tentent de discr\u00e9diter l\u2019Imam aux yeux de la population locale. Ils r\u00e9pandent aupr\u00e8s des commer\u00e7ants des all\u00e9gations infond\u00e9es contre lui. Puis, en juillet 1786, assez intelligemment, le G\u00e9n\u00e9ral Potemkine fait lib\u00e9rer Dol Moudarov \u00e0 la condition qu&#8217;il renonce \u00e0 jamais \u00e0 la r\u00e9sistance. Celui-ci en effet coupe tous les liens avec Mansour. Apr\u00e8s la neutralisation de Dol Moudarov, le G\u00e9n\u00e9ral Potemkine, alors en mesure de contr\u00f4ler la petite Kabardia, lance l\u2019ensemble de ses troupes \u00e0 la reconqu\u00eate de la Tch\u00e9tch\u00e9nie. Des villages tch\u00e9tch\u00e8nes sont d\u00e9truits et les populations locales opprim\u00e9es. De ce fait, en ao\u00fbt 1786, Ingouches et Kabardes abandonnent la r\u00e9sistance et collaborent avec les Russes. M\u00eame certains Pchehes kabardes \u00e9crivent au commandement russe qu&#8217;ils sont pr\u00eats \u00e0 se battre aux c\u00f4t\u00e9s du Tsar.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant ce temps, Imam Mansour voyant les attaques brutales de l&#8217;arm\u00e9e russe se multiplier, tente de trouver une porte de sortie. Tout d&#8217;abord, il envoie des messagers pour ouvrir des n\u00e9gociations <strong>[31]<\/strong>. Mais Potemkine refuse et exige au pr\u00e9alable que l\u2019imam se rende sans condition. Celui-ci appelle donc \u00e0 l\u2019aide l&#8217;Empire Ottoman, mais le Sultan ne r\u00e9pond pas \u00e0 ses messages. A l\u2019inverse, fortement criitiqu\u00e9s par l\u2019Empire russe, les Ottomans pr\u00e9f\u00e8rent montrer qu\u2019ils n\u2019entretiennent aucune relation avec l&#8217;Imam Mansour. Les repr\u00e9sentants de l&#8217;Empire Ottoman vont m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 envoyer quelques cadeaux aux nobles abkhazes et tcherkesses en leur demandant de ne pas participer aux activit\u00e9s de gu\u00e9rilla en Tch\u00e9tch\u00e9nie. Cela semble aller \u00e0 l&#8217;encontre de la th\u00e8se faisant Mansour un agent ottoman.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>4.a. La bataille de Ghatchalq (Katchkalikov) (17 janvier 1787)<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des forces russes colossales, sous les ordres du colonel Savalyev, p\u00e9n\u00eatrent en Tch\u00e9tch\u00e9nie. Le 17 janvier 1787, les cavaliers rebelles s\u2019attaquent soudainement aux soldats russes sur les hauteurs de Katchkalikov. Cette attaque surprise d\u00e9cime les rangs de l\u2019arm\u00e9e russe. Mais apr\u00e8s des violents affrontements, les Montagnards quittent l&#8217;ar\u00e8ne et se replient vers les montagnes de Tch\u00e9tch\u00e9nie. Le 19 janvier, en cons\u00e9quence, une seconde arm\u00e9e est mobilis\u00e9e et envoy\u00e9e. Les soldats d\u00e9truisent de nombreux villages tch\u00e9tch\u00e8nes et tuent en r\u00e9pr\u00e9saille des villageois innocents. Puis ils sont renvoy\u00e9s dans leurs garnisons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Durant cette p\u00e9riode, Imam Mansour continue de recruter\u00a0: il visite tous les villages tch\u00e9tch\u00e8nes et daghestanais. Cependant, les populations locales ne s\u2019engagent pas comme il le voudrait. Il n\u2019a recueilli, \u00e0 la fin de juin 1787, qu\u2019\u00e0 peine 1000 hommes, tch\u00e9tch\u00e8nes, avars et Kumyks. Il se peut aussi qu\u2019il re\u00e7oive finalement un appui de l&#8217;Empire Ottoman qui cherche \u00e0 g\u00eaner l\u2019Empire russe apr\u00e8s que quelques diff\u00e9rends bilat\u00e9raux se soient manifest\u00e9s. Fort de cette promesse, il retourne dans son village natal d\u2019Aldy en juillet 1787, mais ses concitoyens rejettent l\u2019alliance avec les Ottomans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>4.b. La bataille d\u2019Obun (20-22 septembre 1787)<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 13 ao\u00fbt 1787, l&#8217;Empire Ottoman d\u00e9clare la guerre contre l&#8217;Empire Russe. Le 9 septembre 1787, la Tsarine Catherine II signe \u00e9galement l\u2019entr\u00e9e en guerre. Ces d\u00e9veloppements changent l&#8217;attitude des ottomans \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la lutte r\u00e9sistante et de leur chef, Mansour. Constantinople envoie des fermans (<i>ordres imp\u00e9riaux<\/i>) et des cadeaux co\u00fbteux \u00e0 des tribus du Caucase dans le but de les mobiliser et de les entra\u00eener \u00e0 se battre \u00e0 leur c\u00f4t\u00e9. En m\u00eame temps, l\u2019Imam Mansour envoie des lettres au sultan ottoman requ\u00e9rant son soutien. Il \u00e9crit qu&#8217;il ne dort plus la nuit mais qu\u2019il lutte continuellement contre la tsarine <strong>[32]<\/strong>. Le sultan ottoman Abdoulhamid Ier envoie personnellement une horloge et une jumelles \u00e0 l\u2019imam, le reconnaissant comme chef de l&#8217;Etat de montagnards du Caucase <strong>[33]<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Catherine II ordonne la conqu\u00eate des forteresses de Tsemez et d\u2019Anapa, encore aux mains des turcs ottomans. Le 20 septembre 1787, 7000 cavaliers de l\u2019Imam Mansour, principalement des tcherkesses du Kouban, des noga\u00efs et des tch\u00e9tch\u00e8nes, affrontent les divisions du G\u00e9n\u00e9ral Potemkine pr\u00e9sentant environ 8000 soldats et 35 pi\u00e8ces d&#8217;artillerie. La bataille rang\u00e9e dure pendant trois jours et trois nuits. Les Caucasiens doivent se replier, de nouveau\u00a0: ils quittent l\u2019ar\u00e8ne. Imm\u00e9diatement, l&#8217;arm\u00e9e russe se dirige vers la Forteresse Anapa pensant qu&#8217;il n&#8217;y aura plus de soldats pour la d\u00e9fense. Il se peut qu\u2019elle s\u2019\u00e9puise aux portes de la forteresse. D\u2019autant que, \u00e0 compter du 25 septembre <strong>[34]<\/strong>. Mansour qui a recompos\u00e9 ses forces, reprend son harc\u00e8lement et accro\u00eet la fr\u00e9quence de ses actes de gu\u00e9rilla.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>4.c. La bataille de Zelentchuk et de Kefir (19-22 octobre 1787)<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le G\u00e9n\u00e9ral Tekelli, nouveau commandant russe de l&#8217;Arm\u00e9e du Caucase,<em> p<\/em>r\u00e9pare une grande arm\u00e9e et s&#8217;installe \u00e0 la source des rivi\u00e8res Grand Zelentchuk et Kefir. Les forces de l&#8217;Imam Mansour ne peuvent pas vraiment rivaliser avec l&#8217;arm\u00e9e russe. Le 19 octobre 1787, une bataille importante qui se r\u00e9v\u00e8lera sanglante, s\u2019engage. Pendant trois jours, les deux arm\u00e9es combattent et l\u2019Imam Mansour est vaincu. Ses forces se sont retir\u00e9es vers les montagnes avec de lourdes pertes. M\u00eame le conseiller de Mansour, Omar Haji est bless\u00e9 dans la bataille <strong>[35]<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s sa victoire, le G\u00e9n\u00e9ral Tekelli est nomm\u00e9 au poste de commandant supr\u00eame de l&#8217;Arm\u00e9e du Caucase. Puis il tente de conqu\u00e9rir la forteresse d\u2019Anapa, sans succ\u00e8s. Il est donc d\u00e9mis et remplac\u00e9 par le G\u00e9n\u00e9ral Bibikov.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>4.d. Anapa et Imam Mansour (1788 \u2013 1791)<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Anapa est situ\u00e9e sur les bords de la mer Noire \u00e0 proximit\u00e9 de l\u2019actuelle Novorrossisk, \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 occidentale de la cha\u00eene du Caucase, face \u00e0 la Crim\u00e9e. Elle fut pendant des si\u00e8cles une sorte de port franc o\u00f9 des marchands turcs, grecs et g\u00e9nois venaient acheter des esclaves aux Tcherkesses et aux Abkhazes pour les revendre ensuite aux pachas d\u2019Egypte, aux beys d\u2019Alger, de Tunis, de Tripoli ou du Y\u00e9men. A la fin du 18eme si\u00e8cle, au tout d\u00e9but de la Guerre du Caucase, ce port, en raison de sa position strat\u00e9gique fut l\u2019objet de disputes sanglantes entre les Turcs, les Russes, les Tatars de Crim\u00e9e, les Tatars Noga\u00efs habitant le Kouban et les Tcherkesses <strong>[36]<\/strong>. En 1787, lorsque la guerre \u00e9clate \u00e0 nouveau entre l\u2019Empire Russe et l\u2019Empire Ottoman, l\u2019Imam Mansour prend part \u00e0 la d\u00e9fense d\u2019Anapa.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque le G\u00e9n\u00e9ral Bibikov est nomm\u00e9 nouveau commandant, il rassemble une nouvelle arm\u00e9e de 12000 soldats et marche vers la ligne Kouban. Il bat certaines tribus tcherkesse et noga\u00ef. Apr\u00e8s cela, le 24 mars 1788, il attaque la forteresse d&#8217;Anapa, esp\u00e8rant couper ainsi l&#8217;art\u00e8re principale de communication entre les ottomans et les tribus du Caucase et diminuer sensiblement la participation de l\u2019Empire Ottoman. Toutefois, en raison d\u2019une forte d\u00e9fense d\u2019artillerie et des attaques \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition sur les c\u00f4t\u00e9s par les forces de Mansour, l&#8217;arm\u00e9e russe qui perd beaucoup de soldats <strong>[37]<\/strong>, renonce une premi\u00e8re fois. Elle se voit renforc\u00e9e de 10000 hommes suppl\u00e9mentaires, r\u00e9partis en trois lignes sous les ordres du G\u00e9n\u00e9ral Radiyev, du G\u00e9n\u00e9ral Palakin et du G\u00e9n\u00e9ral Rabinder. Ceux-ci reprennent le si\u00e8ge. Les combats se poursuivent tout le printemps et tout l&#8217;\u00e9t\u00e9, aucune des deux parties ne pouvant s\u2019imposer, m\u00eame si les Russes enregistrent des pertes massives. Ceux-ci sont sur le point de prendre Anapa le 22 septembre 1788. Mansour qui a envoy\u00e9 de tr\u00e8s nombreuses lettres \u00e0 Istanbul, compte sur le soutien de l&#8217;arm\u00e9e du sultan. Battal Houseyin Pacha <strong>[38]<\/strong> qui est le gouverneur ou \u00ab\u00a0Serasker\u00a0\u00bb (g\u00e9n\u00e9ral) \u00e0 est nomm\u00e9 sur place par l&#8217;administration ottoman le 26 novembre 1788.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&#8217;Empire ottoman profite alors des r\u00e9centes et abondantes pertes russes et passe \u00e0 l&#8217;offensive sur la terre et sur la mer. Le 9 ao\u00fbt 1789, l&#8217;offensive navale \u00e9choue, d\u00e9faite par les Russes. Mais le m\u00eame jour, Battal Houseyin Pacha ordonn\u00e9 de marcher dans la Kabardia. Auparavant, des lettres et des cadeaux ont envoy\u00e9s aux chefs des tribus Kabardas et Daghestanais leur demandant de se joindre au Pacha. Mansour rejoint cet effort et son arm\u00e9e atteint \u00e0 30 milliers de soldats. Autour de Kouban, il se heurte \u00e0 une arm\u00e9e russe moins nombreuse, mais dans la bataille, les russes pr\u00e9valent. D&#8217;apr\u00e8s Baddeley <strong>[39]<\/strong> et Bennigsen <strong>[40]<\/strong>, Battal Houseyin Pacha lui-m\u00eame est fait prisonner, mais toutefois certaines de sources ottomanes <strong>[41]<\/strong> affirment qu\u2019aucune de ces batailles n\u2019a eu lieu et que le pacha s&#8217;est rendu et a trahi \u00e0 sa propre arm\u00e9e. Son arm\u00e9e commence \u00e0 revenir d\u2019Anapa. L\u2019Imam Mansour \u00e0 cette date se bat contre l&#8217;arm\u00e9e russe dans la r\u00e9gion du Kouban et il attendait l\u2019arriv\u00e9e de l&#8217;arm\u00e9e ottomane, qui ne s\u2019est jamais produite. Malgr\u00e9 la sup\u00e9riorit\u00e9 num\u00e9rique russe, Imam Mansour r\u00e9ussit \u00e0 d\u00e9faire l&#8217;arm\u00e9e du G\u00e9n\u00e9ral German apr\u00e8s des heures de combat autour de la commune Khopperskoy en decembr\u00e9 1789.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutefois, la reddition de Battal Houseyin Pacha expose Anapa \u00e0 de nouvelles attaques russes. Jaune Abdoullah Pacha, le nouveau serasker \u00e0 la forteresse n&#8217;est pas tr\u00e8s diff\u00e9rent de Battal Pacha, sauf qu\u2019il n\u2019est pas pr\u00e9sent \u00e0 Anapa. Les russes ont fait beaucoup pour le capturer. L&#8217;\u00e9chec du g\u00e9n\u00e9ral Bibikov lui co\u00fbte son poste, remplac\u00e9 par le G\u00e9n\u00e9ral Goudovitch, nouveau commandant de la r\u00e9gion. Les changements se r\u00e9v\u00e8lent efficaces, le 12 juin 1791, le G\u00e9n\u00e9ral Goudovitch arrive en face d\u2019Anapa. Apr\u00e8s plusieurs jours de si\u00e8ge et de combats sanglants, le 5 juillet 1791, la forteresse est captur\u00e9e. Imam Mansour est bless\u00e9 lors d&#8217;un combat et est pris en otage <strong>[42]<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ao\u00fbt 1791, les empires Ottoman et Russe signent un accord de paix\u00a0: les premiers quittent le Kouban mais gardent Anapa. D&#8217;autre part, Moustafa Rasih Pacha, le repr\u00e9sentant de l&#8217;Empire Ottoman demande <strong>[43]<\/strong> officiellement \u00e0 la Russie de leur livrer l&#8217;Imam Mansour. Cela est refus\u00e9 au motif qu\u2019il est Tch\u00e9tch\u00e8ne et non un sujet ottoman. Par ailleurs, les Russes font remarquer qu\u2019\u00ab\u00a0<i>il est responsable de la r\u00e9bellion contre la<\/i><i> Russie, qu\u2019il est un bandit criminel et que sa punition doit \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9e. Il est cependant graci\u00e9 et sa peine commu\u00e9e en prison \u00e0 vie. Il sera pour le restant de ces jours un prisonnier\u00a0<\/i>\u00bb <strong>[44]<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Imam Mansour, par nature fougueux, \u00e9nergique, \u00e9pris de libert\u00e9, ne peut accepter l&#8217;emprisonnement, et dans un moment de la col\u00e8re, tue un soldat de garde <strong>[45]<\/strong>. Apr\u00e8s cela, il est envoy\u00e9 \u00e0 la forteresse de Chlisselbourg , o\u00f9 il d\u00e9c\u00e8de le 13 avril 1794.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>5. Conclusion<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mort de Mansour ne met pas un terme \u00e0 la lutte des Tch\u00e9tch\u00e8nes contre la Russie. Bien au contraire. Depuis le d\u00e9but de la lutte en 1785 jusqu\u2019\u00e0 sa capture en 1791, il inflige de lourdes pertes aux forces russes mais son influence d\u00e9passe largement ce r\u00e9sultat. En effet l&#8217;action de l\u2019Imam Mansour change l&#8217;histoire du Caucase du Nord et inaugure une p\u00e9riode nouvelle. L\u2019Imam Mansour est le premier d\u2019une longue s\u00e9rie de personages charismatiques qui pendant pr\u00e8s de deux siecles, marquent l\u2019histoire de la r\u00e9sistance des montagnards du Caucase du Nord contre les Russes. Ces id\u00e9es se perp\u00e9tuent au fil des d\u00e9cennies qui passent. Elles prennent une dimension soufie au si\u00e8cle suivant. L\u2019h\u00e9roisme et les acc\u00e8s de courage sont chant\u00e9s pendant longtemps dans les villages ou dans les camps \u00e0 la veille d\u2019une bataille. Le noyau de ce mouvement est une r\u00e9sistance contre l\u2019envahisseur russe qui veut dominer le Caucase.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ceux qui pr\u00e9tendent que Mansour a collabor\u00e9 avec l&#8217;Empire Ottoman se trompent. Pendant toute la dur\u00e9e de la paix, les Ottomans se montrent toujours impressionn\u00e9 par ses r\u00e9alisations\u00a0; ils s\u2019en inqui\u00e9tent aussi. Ainsi parfois, selon ses int\u00e9r\u00eats, l&#8217;Empire Ottoman ne favorise gu\u00e8re l\u2019imam\u00a0: il est arriv\u00e9 qu\u2019ils envoient des cadeaux aux montagnards et r\u00e9pandent des mensonges contre lui entre l&#8217;Anatolie et le Caucase. De plus, lorsque l&#8217;Empire Ottoman d\u00e9clare la guerre \u00e0 l&#8217;Empire Russe, l\u2019aide promise par le sultan n\u2019a jamais pu \u00eatre d\u00e9bloqu\u00e9e. Apr\u00e8s Anapa, les Ottomans abandonnent les montagnards du Caucase du Nord \u00e0 leur propre sort. L\u2019histoire se r\u00e9p\u00eate les si\u00e8cles suivants jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui\u00a0: les montagnards sont laiss\u00e9s seuls face \u00e0 leur ennemi brutal. L\u2019imam n\u2019a fait que chercher une puissante protection \u00e0 offrir \u00e0 ses partisans contre la Russie. Il avait bien compris \u00e9galement l\u2019importance de l\u2019union et de l\u2019unit\u00e9 des peuples des Montagnes du Caucase. Il n&#8217;avait qu&#8217;un seul but\u00a0: la lib\u00e9ration de sa nation, les Tch\u00e9tch\u00e8nes, avec d&#8217;autres peuples du Caucase, des mains de l&#8217;empire russe.<\/p>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[1] <\/strong><i>Muridisme: mouvement de l&#8217;islam proche du soufisme, bas\u00e9 sur une ob\u00e9issance stricte aux lois Cor\u2019aniques et utilis\u00e9s par les imams suivants pour accro\u00eetre un sentiment national et religieux anti-russe dans le Caucase.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[2]<\/strong> <i>Paul B. Henze, &#8220;Fire and Sword in the Caucasus: the 19th Century Resistance of the North Caucasian Mountaineers, London-1983, p.33<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[3]<\/strong> <i>Moshe Gammer, \u201cA preliminary to decolonizing the historiography of Shaykh Mansour\u201d, <\/i><i>Middle Eastern Studies <\/i><i>Vol 32, No 1, 1996, p 194<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[4]<\/strong> <i>John F. Baddeley, \u201cThe Russian conquest of the Caucasus\u201d, London-1908, p 73<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[5]<\/strong> <i>Nicolea Iorga, \u201c<\/i><i>Osmanli Tarihi, <\/i><i>(<\/i><i>1774\u20131912<\/i><i>)\u201d, Vol V, Traduc. Bekir Sitki Baykal (Ankara, 1948), p 43<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[6]<\/strong> <i>Archive de la pr\u00e9sidence du conseil turc sur l&#8217;Empire Ottoman, <\/i><i>HH, n \u00b0 1305<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[7]<\/strong> <i>John F. Baddeley, \u201cThe Russian conquest of the Caucasus\u201d, London-1908, p 73<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[8]<\/strong> <i>Dalkhan Khojayev, \u201cTchetchensiy v Russko-Kavkazkoy Voyna\u201d, Grozny, 1998, p.21<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[9]<\/strong> <i>Nart (Misirbi&gt;Sado&gt;Soltakhan&gt;Nart), \u201cJizn Mansoura Velikago Bortsa za Nezavisimost Kavkazkikh Gortsi\u201d, Istanbul, 1924, p.3-4<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[10]<\/strong> <i>Nart, \u201cJizn Mansoura Velikago Bortsa za Nezavisimost Kavkazkikh Gortsi\u201d, Istanbul, 1924, p.5<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[11]<\/strong> <i>Ghazavat: La guerre sainte chez les musulmans <\/i><i>comme<\/i><i> la djihad, mais il est un peu diff\u00e9rent dans le Caucase parcequ\u2019elle <\/i><i>a un caract\u00e8re national<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[12]<\/strong> <i>D&#8217;une brochure<\/i><i> qui l\u2019Imam Mansour a distribu\u00e9 dans le Caucase: Ecrit a l&#8217;origine en arabe. Au d\u00e9but de ce document, il est \u00e9crit que le document a \u00e9t\u00e9 apport\u00e9 par un messager d\u2019Imam Mansour, <\/i><i>Les archives de la pr\u00e9sidence du conseil turc sur l&#8217;Empire Ottoman<\/i><i>, HH No 1247-1248, lettre de l&#8217;Imam Mansour au gouverneur de Sogucak, 1200 (1785-1786)<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[13]<\/strong> <i>I<\/i><i>smail Berkok, \u201c<\/i><i>Tarihte Kafkasya\u201d, <\/i><i>Istanbul &#8211; 1958, p 381<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[14]<\/strong> <i>Archive de la pr\u00e9sidence du conseil turc sur l&#8217;Empire Ottoman, <\/i><i>HH, n \u00b0 1308, du gouverneur de Cildir, Suleyman Pacha \u00e0 la Sadaret (Istanbul) 12 Muharrem 1202 (le 6 novembre 1787)<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[15] <\/strong><i>Pcheh: Prince tcherkess, un noble.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[16]<\/strong><i> Tarik Cemal Kutlu, \u201cCecen Direnis Tarihi\u201d, Anka Yay, Mars 2005, p.132<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[17] <\/strong><i>Calife: le chef des musulmans, c\u2019est-\u00e0-dire \u201csuccesseur\u201d, un titre port\u00e9 par les successeurs du proph\u00e8te Mahomet apr\u00e8s sa mort en 632<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[18] <\/strong><i>John F. Baddeley, \u201cThe Russian conquest of the Caucasus\u201d, London-1908, p 73<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[19] <\/strong><i>Archive de la pr\u00e9sidence du conseil turc sur l&#8217;Empire Ottoman, <\/i><i>HH , n \u00b01011-C, la rapport de Sadaretpenahi Ocakcisi Mehmed Tatar<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[20] <\/strong><i>Archive de la pr\u00e9sidence du conseil turc sur l&#8217;Empire Ottoman, <\/i><i>HH, n \u00b01011-B, la rapport de Kaftanci Ali Aga, Sevval 1199, ( Juillet 1785 )<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[21]<\/strong> <i>Archive de la pr\u00e9sidence du conseil turc sur l&#8217;Empire Ottoman, <\/i><i>HH, n \u00b01305, la rapport d\u2019Ic Cukadari Ali, 1200, ( Septembre 1785)<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[22]<\/strong> <i>Archive de la pr\u00e9sidence du conseil turc sur l&#8217;Empire Ottoman, <\/i><i>HH, n \u00b01011-B, la rapport de Kaftanci Ali Aga, Sevval 1199, ( Juillet 1785 )<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[23]<\/strong> <i>Archive de la pr\u00e9sidence du conseil turc sur l&#8217;Empire Ottoman, <\/i><i>HH, n \u00b01011-B-D, la rapport de Kaftanci Ali Aga, Sevval 1199, ( Juillet 1785 )<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[24]<\/strong> <i>Abouzar Aydamirov, \u201cKhronologiya Istorii Tchetchno-Inguchetii\u201d, Grozny-1991, p.25<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[25]<\/strong> <i>Archive de la pr\u00e9sidence du conseil turc sur l&#8217;Empire Ottoman, <\/i><i>HH, n \u00b01305-A<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[26]<\/strong><i> Tarik Cemal Kutlu, \u201cCecen Direnis Tarihi\u201d, Anka Yay, Mars 2005, p.137<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[27]<\/strong> <i>I<\/i><i>smail Berkok, \u201c<\/i><i>Tarihte Kafkasya\u201d, <\/i><i>Istanbul &#8211; 1958, p. 386<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[28]<\/strong> <i>Tarik Cemal Kutlu, \u201cCecen Direnis Tarihi\u201d, Anka Yay, Mars 2005, p.137<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[29]<\/strong> <i>Archive de la pr\u00e9sidence du conseil turc sur l&#8217;Empire Ottoman, <\/i><i>HH, n \u00b01305<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[30]<\/strong> <i>Dalkhan Khojayev, \u201cTchetchensiy v Russko-Kavkazkoy Voyna\u201d, Grozny, 1998, p.24<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[31]<\/strong> <i>Alexandre Bennigsen, \u201cUn mouvement populaire au Caucase du XVIII\u2019 si<\/i><i>\u00e8<\/i><i>cle: la \u2018Guerre Sainte\u2019 de Sheikh Mansour (1785\u20131794). Page mal conue et controvers\u00e9e des relations Russo-Turques\u201d, <\/i><i>Cahiers du Monde Russe et Sovietique<\/i><i>, Vol V, No 2 (April\u2013June 1964), p.191<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[32]<\/strong> <i>Archive de la pr\u00e9sidence du conseil turc sur l&#8217;Empire Ottoman, <\/i><i>HH, n \u00b01351-A<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[33]<\/strong> <i>Tarik Cemal Kutlu, \u201cCecen Direnis Tarihi\u201d, Anka Yay, Mars 2005, p.139<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[34]<\/strong> <i>Archive de la pr\u00e9sidence du conseil turc sur l&#8217;Empire Ottoman, Cevdet Askeriye, <\/i><i>n \u00b04681<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[35]<\/strong> <i>Tarik Cemal Kutlu, \u201cCecen Direnis Tarihi\u201d, Anka Yay, Mars 2005, p.141<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[36]<\/strong> <i>Alexandre Grigoriantz, \u201cLa Montagne du Sang\u201d, Gen<\/i><i>\u00e8ve-1998, p.47<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[37]<\/strong> <i>Semen Esadze, \u201c<\/i><i>Cerkesya\u2019nin Ruslar Tarafindan Isgali\u201d<\/i><i>, Traduc. Murat Papsu, Ankara-1999, p 6.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[38]<\/strong> <i>Ahmed Cevdet Pacha, \u201c<\/i><i>Tarih-i Cevdet\u201d<\/i><i>, Vol III, Istanbul-1854, p.151<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[39]<\/strong> <i>John F. Baddeley, \u201cThe Russian conquest of the Caucasus\u201d, London-1908, p.78<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[40]<\/strong> <i>Alexandre Bennigsen, \u201cUn mouvement populaire au Caucase du XVIII\u2019 si<\/i><i>\u00e8<\/i><i>cle: la \u2018Guerre Sainte\u2019 de Sheikh Mansour (1785\u20131794). Page mal conue et controvers\u00e9e des relations Russo-Turques\u201d, <\/i><i>Cahiers du Monde Russe et Sovietique<\/i><i>, Vol V, No 2 (April\u2013June 1964), p.190<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[41]<\/strong> <i>Ahmed Cevdet Pacha, \u201c<\/i><i>Tarih-i Cevdet\u201d<\/i><i>, Vol III, Istanbul-1854, p.144; Cemal Gokce, \u201c<\/i><i>Kafkasya ve Osmanli Imparatorlugu\u2019nun Kafkasya Siyaseti\u201d, <\/i><i>\u0130stanbul-1979), p.151<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[42]<\/strong> <i>John F. Baddeley, \u201cThe Russian conquest of the Caucasus\u201d, London-1908, p.78<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[43]<\/strong> <i>Abdullah Saydam, \u201cKuzey Kafkasya\u2019daki Bagimsizlik Hareketleri\u201d, Trabzon-1998, p.308<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[44]<\/strong> <i>Kadircan Kafli, \u201cSimali Kafkasya\u201d, Istanbul-1942, p.87<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><strong>[45]<\/strong> <i>Dalkhan Khojayev, \u201cTchetchensiy v Russko-Kavkazkoy Voyna\u201d, Grozny, 1998, p.27<\/i><\/p>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><b>Liste de Sources<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>I- Sources<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">En turc:<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <b>Archive de la pr\u00e9sidence du conseil turc sur l&#8217;Empire Ottoman<\/b>, <i>Hatt-i Humayunlar, Cevdet Hariciye Tasnifi, Cevdet Dahiliye Tasnifi, Cevdet Askeriye Tasnifi <\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <b>Ahmed Cevdet Pacha<\/b>, <i>Tarih-i Cevdet<\/i><i>, Vol III, Istanbul-1854<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <b>Nicolea\u00a0 Iorga<\/b><i>, <\/i><i>Osmanli Tarihi, <\/i><i>(<\/i><i>1774\u20131912<\/i><i>), Vol V, Traduc. Bekir Sitki Baykal, Ankara-1948<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">En russe:<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <b>Nart<\/b> <i>\u201cJizn Mansoura Velikago Bortsa za Nezavisimost Kavkazkikh Gortsi\u201d, Istanbul, 1924<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>II- Bibliographies<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">En anglais\u00a0:<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <b>John F. Baddeley<\/b>, <i>The Russian conquest of the Caucasus, London-1908<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <b>Moshe Gammer<\/b>, <i>\u201cA preliminary to decolonizing the histogriography of Shaykh Mansour\u201d Middle Eastern Studies, Vol 32, No 1, 1996, p 194<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <b>Paul B. Henze<\/b>, <i>\u201cFire and Sword in the Caucasus: the 19th Century, Resistance of the North Caucasian Mountaineers\u201d, London-1983<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">En fran\u00e7ais\u00a0:<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <b>Alexandre Bennigsen<\/b>, <i>\u201cUn mouvement populaire au Caucase du XVIII\u2019 si\u00e8cle: la \u2018Guerre Sainte\u2019 de Sheikh Mansour (1785\u20131794). Page mal conue et controvers\u00e9e des relations Russo-Turques\u201d, Cahiers du Monde Russe et Sovietique, Vol V, No 2 (April\u2013June 1964), p.159-205<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <b>Alexandre Grigoriantz<\/b>, <i>\u201cLa Montagne du Sang\u201d, Gen\u00e8ve-1998<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">En turc\u00a0:<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <b>Abdullah Saydam<\/b>, <i>\u201cKuzey Kafkasya\u2019daki Bagimsizlik Hareketleri\u201d, Trabzon-1998<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <b>Cemal Gokce<\/b>, <i>\u201cKafkasya ve Osmanli Imparatorlugu\u2019nun Kafkasya Siyaseti\u201d, Istanbul-1979<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <b>Ismail Berkok<\/b>, <i>\u201cTarihte Kafkasya\u201d, Istanbul-1958<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <b>Kadircan Kafli<\/b>, <i>\u201cSimali Kafkasya\u201d, Istanbul-1942<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <b>Tarik Cemal Kutlu<\/b>, <i>\u201cCecen Direnis Tarihi\u201d, Istanbul- 2005<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <b>Semen Esadze<\/b>, <i>\u201cCerkesya\u2019nin Ruslar Tarafindan Isgali\u201d, Traduc. Murat Papsu, Ankara-1999<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">En russe\u00a0:<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <b>Abouzar Aydamirov<\/b>, <i>\u201cKhronologiya Istorii Tchetchno-Inguchetii\u201d, Grozny-1991<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <b>Dalkhan Khojayev<\/b>, <i>\u201cTchetchensiy v Russko-Kavkazkoy Voyna\u201d, Grozny-1998<\/i><\/p>\n<div style=\"text-align: justify;\"><strong>Ahmet Burak OZTAS<\/strong><br \/>\n<em>Janvier 2013 &#8211; EHESS<\/em><\/div>\n<p>Views: 7<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La lutte pour l&#8217;ind\u00e9pendance des populations des montagnes du Caucase fournit de nombreux h\u00e9ros et des exemples d&#8217;h\u00e9ro\u00efsme. Parmi ces h\u00e9ros, Imam Mansour occupe une place \u00e0 part. 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