L’exemple de Zelim Khadjiev
Le champion du monde junior 2014, arrivé avec sa famille de Tchétchénie à Nice il y a dix ans, a reçu la médaille de la ville.
Son entraîneur Ali Toumi l’appelle le Zi- dane de la lutte. Zelim Khadjiev. athlète du Lutte Club de Nice, champion du monde junior des – 74 kg à Zagreb (Croatie) début août, a reçu mercredi la médaille de la ville de Nice (lire ci- contre).
Zelim, votre impression ?
Ça me fait super plaisir, je suis heureux. Quand je vois que tout le travail finit par payer et que je suis récompensé par ma ville, c’est magique. Je n’ai pas fait ça pour rien.
Le Lutte-Club de Nice ?
C’est ma deuxième famille. C’est eux qui m’ont formé quand je suis arrivé à Nice. Je suis toujours avec eux. Sébastien Giaume (le regretté président du club, ndlr) me manque beaucoup. Il avait confiance en moi. Il me disait souvent : “tu finiras par gagner” et je suis arrivé à ce joli titre. Dommage qu’il ne soit pas là, je pense très souvent à lui. Il a toujours été là. Pour les jeunes lutteurs, c’est notre grand-père.
« En 2004» on ne savait pas dire bonjour en français »
Vos parents ?
Ils m’ont vu en direct à la. Mon père, Ismail, a tout lâché pour que nous, ses enfants, nous ayons une meilleure vie. il a vu qu’on aurait arrêté les cours, que cela aurait été la galère. Il a préféré tout quitter, ses parents, son métier. Il était vétérinaire, il gagnait bien sa vie. Ma mère, Malkan, était institutrice. Nous sommes arrivés en France en 2004. Ils n’ont pas réussi à repasser leur diplôme parce que c’était dur, ils ne partaient pas français et on avait besoin d’argent. Alors il a fait maçon et ma mère femme de chambre.
Arrivés la lutte?
Par l’intermédiaire d’un “pote” tchétchène de mon frère Zaour, nous sommes venus au club. Quand j’ai vu ça, j’ai dit “ici aussi» ils font de la lutte” ! Monsieur Giaume a dit : “ils ont l’air bons, ces jeunes”. Et il nous a donné des médailles. Alors que, pour nous en Tchétchénie, les médailles c’est pour les très forts. On était content, on disait : “c’est super, on est bien accueilli” alors on est venu tous les jours. Et à la fin, le travail a fini par payer. N’avais pas assez de partenaires à Nice, Fanel (Carp, un de ses entraîneurs, ndlr) m’a proposé d’aller à l’INSEP à Paris où il y a tout pour réussir : de bons coaches, des cours, c’est top. On est bien logés, bien nourris, suivis par des médecins.
Nice pour vous ?
J’y reviens souvent, on ne peut pas continuer sans la famille. Et puis, Nice, c’est magique ! J’ai fait presque tous les pays d’Europe et du monde, Nice c’est le top!
Christian Estrosi : « Un modèle d’intégration »
« J’ai voulu qu’on se voit dons le boreou du moire de to ville ». Christian Estrosi a ainsi accueilli Zelim Khadjiev, mercredi. Devant les caméras de Stade 2 qui présentera demain un portrait du lutteur niçois, issu d’une famille de quatre enfants, arrivée de Tchétchénie en 2004, le maire lui a remis la médaille de la ville de Nice.
« Zelim, tu es un modèle d’intégration. Celo foit dix ons que tu es à Nice et tu n’o pos peur d’agiter le drapeau niçois. Dons la République, par l’effort, lo volonté et la performance, chacun peut arriver au plus haut niveau. Tu en es lo démonstration. Comme ton frère Zoour qui a décroché son bac S et qui suit des études d’économie, tu es un exemple à donner à la jeunesse… Tu a remporté les jeux de la Francophie à Nice, puis le championnat du monde junior. Et maintenant, tu vises les JO de Rio ».
Zelim, ému, répondait qu’il « pensait à Rio 2016 » et qu’il reviendrait « à Nice pour le challenge Deglone les 27 et 28 novembre ».
Christian Estrosi rappelait que la lutte française avait connu son renouveau à Nice ovec Sébostien Ciaume » et se félicitait du titre de champion du monde junior de Zelim, « le premier jomois remporté par un Fronçais » rappelait Jean-Pierre Scar-fone, président du Lutte-Club de Nice.
Nice-Matin, le 20 Septembre 2014, p.12
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